Infertilité, avortement, idéologie du genre… L’occident en plein nihilisme

La baisse de fertilité mondiale est un fait, constaté essentiellement dans le monde occidental (*). Au regard des progrès médicaux, cette baisse s’explique sans doute par un changement de mentalité des couples géniteurs ou encore par le mode de vie des pays, industrialisés de longue date, où elle est particulièrement remarquable.

Mis en ligne le 22 juillet 2021 Imprimer Imprimer

D’autre part, selon les données mises à disposition par l’Organisation Mondiale de la Santé, 42,6 millions d’avortements ont été pratiqués en 2020. Ce chiffre dépasse de loin celui des principales causes de décès dans le monde, note le Christian Post. (**)

En France, une coïncidence statistique bien troublante

En 2019, 232 000 interruptions de grossesse volontaires ont été réalisées en France, ce qui constitue le taux le plus important depuis 1990 (***).
Nous constatons que ce nombre d’avortements volontaires correspond curieusement à celui des victimes de mort infantile évalué à la fin du XVIIIe – début XIXe siècle. (****)
À la lecture de ces chiffres, et en partant de l’importance de chaque vie, nous ne pouvons que remettre en cause « le progrès » dont l’homme néo-libéral se croit porteur.
Face à ce triste constat, nous réalisons que la mort naturelle a été comme remplacée par la mort volontaire, instrumentalisée par l’homme.
Cette substitution de « la mort infantile naturelle » par la légalisation de l’avortement, vient comme répondre à une éventuelle régulation qui nous échappe. Cela montre, en tout cas, que si l’homme tend toujours à éradiquer la puissance de la nature, il y apporte parfois des innovations bien funestes.

Cette baisse de fertilité et cette massification de l’avortement nous amènent à nous demander si l’occident n’est pas sous l’emprise d’une pulsion nihiliste et morbide qui porterait le projet, tout simplement, de mettre fin à l’enfantement.

Si cette hypothèse peut sembler excessive, la baisse de fécondité et le taux d’avortements comme première cause de mortalité dans le monde, méritent que l’on s’y arrête. D’autant plus que d’autres évolutions marquantes au sein de nos sociétés, en entravant l’image de la parentalité, sont susceptibles de contribuer à la régression des naissances.

L’intrusion de l’idéologie du genre

L’idéologie du genre, système de pensées qui nous vient des États-Unis, impose l’idée que la différence des sexes est une pure construction sociale que l’on peut remettre en cause à chaque seconde. Il n’y a donc plus d’hommes et de femmes, ce qui signifie, en toute logique, qu’il n’y a plus de père et de mère. Certitude évidemment confirmée par le mariage homosexuel et les propos du locataire de l’Élysée. En effet, celui-ci explique la réticence des opposants au mariage pour tous par le fait qu’ils sont persuadés qu’un père doit être un homme et, en creux, une mère, une femme. (*****)
Nous réalisons qu’au-delà du renversement culturel que M. Macron reproche aux réfractaires au mariage homosexuel, il s’agit aussi d’un bouleversement biologique, anthropologique, sans précédent qu’il annonce et revendique comme irréductible : la différence sexuelle n’existe plus dans la tête de ces êtres qui sont sensés nous gouverner.

La négation de la différence sexuelle anéantit inévitablement la parentalité qui en est le fruit. La destruction de la parentalité lamine tout autant la notion d’enfantement symbolique, riche en transmissions. Parmi ces dernières, la plus fondatrice, la plus essentielle est l’identification au parent du même sexe qui, face à un couple indifférencié sexuellement, ne peut plus s’effectuer. C’est par cette identification sexuelle que le petit d’homme et la petite femme se construisent en être humain. Nous pouvons donc redouter que cette idéologie despotique et invasive du genre parvienne à inhiber jusqu’à l’humanité des générations futures.

La disparition du père et de la mère signe-t-elle la fin de l’enfant ?

D’autres modes, bien actuelles, viennent alimenter la dissolution de ces rôles ancestraux, dissolution qui vise, in fine, la désintégration des êtres.

Déshumanisation, qui touche, en premier lieu, l’enfant lui-même lorsqu’on le réduit à « une chose » en médiatisant le terme de « bébé médicament » ou encore en le ramenant, au quotidien, à n’être qu’une cible publicitaire. L’oukase écologiste va jusqu’à le dénoncer comme « un mauvais objet », dangereux pour la planète, car pollueur. Théorie abracadabrantesque qui fait, contre toute attente, des adeptes exclusivement dans les contrées occidentales, ce qui ne contribuera certainement pas à la reprise démographique de celles-ci.

Si l’on revient aux parents, la mode de l’homo festivus imposant un jeunisme perpétuel leur interdit de se positionner en tant qu’adultes face à leur progéniture. C’est ainsi que les enfants ont, de plus en plus, comme uniques modèles des gamins perpétuels. Comment grandir et se développer dans un tel contexte ?

D’autre part, la permissivité, mise en exergue pour ne pas « traumatiser » l’enfant placé « au cœur du processus », nie la réalité de sa naïveté que l’enfant doit pourtant dépasser pour devenir un Homme debout.

En définitive, l’idéologie du genre, le jeunisme perpétuel et la permissivité égalitariste aberrante qui entravent la fonction parentale anéantissent l’évolution sociale de l’enfant comme l’avortement extermine son évolution biologique.

C’est cette même destruction que l’on voit en marche dans la mise en place de la PMA et demain de la GPA qui viennent encore accentuer la confusion dans la transmission biologique et symbolique nécessaire au bon développement d’un enfant.
Dans le climat délétère qui est le nôtre où il y a tant d’urgences sécuritaires, identitaires, sociales, économiques, cette priorité donnée à ces lois eugéniques est tout à fait surprenante. Elle s’explique par l’obsession des puissants groupes d’influence (financiers, médiatiques, politiques…) qui, à tous les niveaux, du législatif au monde du cinéma en passant par la publicité, cherchent à démolir les repères naturels et ataviques nécessaires à la maturation des petits. Cela nous montre que le cosmopolitisme, porté par les progressistes, a comme fondement idéologique le nihilisme et les philosophies de la déconstruction. Cette détermination à dissoudre nos lignées « ce qui nous fait » n’est certainement pas innocente et sert à nous anémier, à nous rendre atones et prêts à accepter des mesures de plus en plus liberticides au nom, par exemple, d’un virus qui tue bien moins que l’avortement.

Il est tant de comprendre que la « french théorie » qui nous revient mâchée, hargneuse et en boomerang des États-Unis cherche tout simplement à détruire, à démanteler toutes réalités pour asservir les masses au profit du marché financier planétaire. Marché qui sera alimenté par des êtres qui auront perdu toute identité, ne seront plus rien, animés que par des arcs réflexes de consommateurs dressés. Nier l’identité raciale, sexuelle, filiale, historique des personnes, abolir leur liberté, n’est pas une révolution mais une involution dramatique de ce qui fait l’humanité, encore une fois un véritable nihilisme malfaisant. Nihilisme qui porte en lui une image dépréciée de l’être humain source de bien des maux : des malaises identitaires à la progression de la violence, de l’obsession matérialiste (consumérisme spasmodique) à la baisse de la fertilité… En cela, cette machinerie en route, de plus en plus écrasante, de plus en plus dominante, ne porte-t-elle pas en elle quelques germes génocidaires ?

Laurence Maugest
Laurence Maugest a une maîtrise de recherche en psychologie sociale. Durant plus de vingt ans elle a travaillé dans des services d’écoute et de soutien destinés à des personnes en difficulté, lieux stratégiques où la complexité et la diversité des individus rencontrés aiguisent une vive curiosité des autres.

(*) Monde – Évolution des taux de fécondité (1960-2015) • PopulationData.net
(**) 42,6 millions d’avortements en 2020 dépassent les principales causes de décès | | mondiale de l’information Le poste chrétien (christianpost.com)
(***) Avortement : le taux d’IVG a atteint en 2019 son plus haut niveau en France depuis 30 ans (francetvinfo.fr)
(****) https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/la-mortalite-infantile-en-france/
(*****) https://www.youtube.com/watch?v=5VOsXYdwL28

Source : Polemia


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