La religion, l’idéologie, la science

L’entrée dans la modernité occidentale a été marquée par un changement de paradigme majeur : croire en Dieu ne va plus de soi. Mais la faillite des idéaux séculiers qui avaient succédé aux croyances religieuses, en privant l’individu d’horizon métaphysique, a laissé place au vide.

Mis en ligne le 23 juin 2021 Imprimer Imprimer

Cette conversation entre ces deux monstres sacrés de la peinture en dit long sur le changement de paradigme qui marque le XXe siècle : croire – sous-entendu en Dieu, compris au sens le plus classique du terme – ne va plus de soi. Et si l’adhésion au christianisme avait jusqu’alors façonné la société tous azimuts, de la politique à la vie intellectuelle, artistique et culturelle, ce siècle va être celui de la métamorphose. De manière très symbolique, il débute par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, votée en 1905, qui pose les bases d’une société laïque. La « France très chrétienne » est morte, vive la liberté de conscience !

Une liberté acquise de haute lutte, après des siècles d’emprise religieuse. Mais une liberté qui n’est pas sans générer une sourde nostalgie, une béance métaphysique, comme le laisse entendre la confidence de Matisse à Picasso.

Le sentiment d’avoir quitté à jamais l’âge de l’innocence, où l’on croyait spontanément ce qui nous était enseigné. Où l’on s’en remettait naturellement à Dieu. « L’immense absence, partout présente », déplorée par le philosophe Alain.

Lire la suite et source : Le Monde


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