En France, le marché de la GPA en plein essor

Si la France continue d’interdire la gestation par autrui (GPA), les agences, qu’elles soient ukrainiennes ou américaines, recrutent des agents commerciaux, des « apporteurs d’affaires », parmi leurs anciens clients pour assurer le business.

Mis en ligne le 11 janvier 2021 Imprimer Imprimer

Frédéric et Christelle, parents de jumeaux nés à Kiev en 2017, recevraient une commission de 1000€ par contrat. Si Frédéric explique ne plus prendre part à ces activités, c’est pourtant bien vers eux que Katya, la commerciale de la clinique ukrainienne BiotexCom, renvoie les potentiels clients.

Pour commercialiser la gestation par autrui,  le « modèle marketing » utilisé est celui du « réseau » : « de la ‘jolie histoire’ familiale à la pratique commerciale », les parents « basculent en l’espace de deux ou trois ans ». Les cliniques ont renoncé à implanter des « filiales » qui « comportaient trop de risques juridiques ». Elles préfèrent la discrétion et pilotent leur business de l’étranger. De ce fait, impossible de connaitre la taille de ce marché caché « dont l’enfant est le produit », entre autres parce que, dans un contexte médiatique très favorable à la gestation par autrui, « rien n’est vraiment fait » pour le « démasquer ».

Romain Taillandier, ex-mari de l’animateur de M6 Alex Goude, travaille depuis 3 ans ½ pour la clinique Fertility Center à Las Vegas. Il joue le rôle d’intermédiaire pour « une soixantaine de couples français par an – en majorité des hommes ». Il a mis en place un système de contournement de la loi française pour des GPA menées « en toute sécurité » : accords avec des banques françaises peu regardantes, certificats de grossesse, « documents rédigés de Las Vegas » pour des femmes qui n’ont jamais accouché. Des documents pour qu’elles bénéficient d’un congé maternité et qui surtout ouvriront « aux droits à la CAF ». D’un point de vue juridique, « plusieurs avocats en droit de la famille savent ‘faire avec la loi’ ».

Loin de ralentir la filière, la crise sanitaire et la fermeture des frontières, en mars 2020, ont « fédéré les acteurs » qui s’organisent autour des clients français sur « Facebook, notamment sur le ‘Forum pour la gestation pour autrui’ ». « Le maillage commercial et médical n’a jamais été aussi dense. » Des partenariats avec des laboratoires français devraient être effectifs à partir de janvier 2021.

Des circuits sont mis en place pour les clients qui ne peuvent pas se rendre se déplacer en Ukraine, rendez-vous à l’aéroport jusqu’à un labo en Allemagne pour prélèvement du sperme, ou pour la livraison de leur bébé, accouchement des mères porteuses ukrainiennes à Bruxelles en Belgique. Certaines procédures impliquent congélation puis décongélation du sperme, la fabrication des embryons qui sont « souvent » recongelés. « Pour des raisons de rapidité et de praticité », jusqu’à cinq embryons sont implantés par mère porteuse avec des avortements à la clé, pratiqués « sans informer les familles ».

Source : Généthique

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