Dans les coulisses, liberté et éthique sont en jeu

Alors que la pandémie occupe l’espace médiatique, des lois récemment votées en catimini franchissent un pallier décisif en matière de laïcité, de défense de la vie humaine, de liberté de conscience et de liberté religieuse.

Mis en ligne le 6 juillet 2021 Imprimer Imprimer

Tour du monde

Plusieurs projets de loi en matière de bioéthique, ont récemment été adoptés aux quatre coins de la planète. Fin 2020, l’Argentine est devenue le sixième pays d’Amérique latine à légaliser l’avortement. L’euthanasie a quant à elle été légalisée le 18 mars en Espagne. Cette question est d’ailleurs de nouveau débattue en France comme au Portugal, alors que l’Irlande réengage les discussions sur le suicide assisté.

Avortement et sexualité

En France, une proposition de loi allongeant le délai légal du recours à l’avortement de douze à quatorze semaines a été votée en octobre dernier à l’Assemblée nationale. En janvier, le Sénat a rejeté le texte en première lecture. Le projet de loi de bioéthique connaît quant à lui un coup d’arrêt. Les députés et sénateurs n’ont toujours pas trouvé de consensus en février dernier. Parmi les sujets de discorde, l’élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ou encore l’encadrement de la recherche sur l’embryon.

Dans le canton de Vaud en Suisse, comme en France, deux députés ont déposé dans un même laps de temps une proposition de loi qui interdit les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle. Du côté du Pays de Galles, de nouvelles leçons obligatoires d’humanisme et d’athéisme adoptées par le gouvernement gallois feront leur rentrée à l’école. Elles s’ajoutent aux leçons de christianisme et d’autres croyances religieuses.

Persécution en hausse

Simultanément, la liberté religieuse connaît un net recul. L’Alliance évangélique mondiale (AEM) alertait en février dernier le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies quant à la situation des chrétiens en Algérie et en Inde. Le gouvernement algérien refusait toujours de rouvrir les Eglises protestantes et de les reconnaître (voir interview en page 10). En Inde, la Cour suprême indienne a rejeté, vendredi 9 avril, un amendement déposé par le BJP, le parti nationaliste au pouvoir. Le gouvernement de Narendra Modi prévoyait d’imposer des lois fédérales limitant les conversions à d’autres religions que l’hindouisme (majoritaire en Inde). La plus haute juridiction de la République fédérale considère que la Loi fondamentale (équivalent de la Constitution, NDLR) garantit à tous les citoyens la liberté de professer, de pratiquer et de propager son culte. Une petite victoire pour les minorités religieuses chrétiennes ciblées par un récent projet de loi interdisant la conversion religieuse et criminalisant les mariages inter-religieux. En mars dernier, l’Inde a été rétrogradée au rang d’autocratie.

Finalement, les femmes

Les femmes ne sont pas en reste. La Turquie s’est récemment retirée de la convention d’Istanbul qui oblige les gouvernements à adopter une législation réprimant les violences domestiques, conjugales et sexuelles. Enfin en Indonésie, courant mars, un rapport de Human Rights Watch dénonçait la soixantaine de règlements locaux et provinciaux discriminatoires publiés depuis 2001 visant à faire appliquer des codes vestimentaires féminins.

Christelle Bankolé

Source : magazine Christianisme Aujourd’hui, éd. mai 2021, (reproduit avec autorisation)


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