Deux prix Nobels à des climatologues : des travaux vieux de 30 ans

Le 13 octobre 2021

Les prix Nobel ont été attribués la semaine dernière : le prix Nobel de physique a été attribué pour moitié au scientifique italien Giorgio Parisi, spécialiste du « boson de Higgs ». Les deux autres prix Nobel ont été attribués à deux climatologues, Syukuro Manabe, américain d’origine japonaise, et l’allemand Klaus Hasselmann, ancien directeur de l’Institut de météorologie Max-Planck. Göran Hansson, secrétaire général de l’Académie des sciences suédoise, a indiqué que ce prix récompensait leurs « recherches sur la modélisation physique du climat de la Terre et les prévisions fiables du réchauffement climatique ». Mais on est en droit de s’interroger sur les mérites de ces lauréats. Pourquoi eux ?

Les deux lauréats climatologues sont impliqués dans les « procédures d’ajustement des modèles ». Le seul mot d’ajustement est suspect quand il s’agit d’une modélisation. En effet, nos deux lauréats ont été les grands artistes d’introduction de « flux d’ajustements » dans les modèles numériques quand ceux-ci s’éloignent des observations. Or, le GIEC a reconnu en 1995 que « la nécessité d’introduire des flux de correction est une reconnaissance explicite des insuffisances des composants des modèles climatiques couplés [océan-atmosphère]. » L’attribution de ces prix Nobel, une fois de plus, ne serait-elle qu’une belle opération de communication pour démontrer que la cause humaine est entendue et qu’il ne faut pas y revenir ?

Ce sont bien sur ces ajustements que travaillaient les deux nouveaux prix Nobel : Syukuro Manabe est l’auteur d’une étude intitulée : « Réponses transitoires d’un modèle couplé océan-atmosphère à des changements graduels de CO2 atmosphérique » publiée en 1991 dans le journal de l’American Meteorological Society (AMS). Son étude explique que « pour compenser la tendance du modèle couplé à s’installer dans un état irréaliste, les flux de chaleur et d’eau … sont ajustés par des quantités qui varient avec la saison et la géographie ». Klaus Hasselmann de son côté a publié une étude « Modèles couplés océan-atmosphère avec correction des flux » publiée en février 1988 dans Climate Dynamics. Il y propose une méthode « pour éliminer la dérive des modèles couplés atmosphère-océan … Afin d’équilibrer ces incohérences, un champ de correction constant du flux océan-atmosphère est introduit dans les conditions aux limites couplant les deux sous-systèmes ».

Hasselmann a également publié de nombreux articles sur la question de la « détection attribution ». Cette discipline a été inventée par le GIEC pour « attribuer » une seule cause (le CO2) à un effet « détecté » (le réchauffement). Cette discipline est appliquée dans un guide de recommandations pour les rédacteurs du GIEC : « Document d’orientation sur les bonnes pratiques en matière de détection et d’attribution liées au changement climatique anthropique » (2009). Ce titre, hélas très évocateur, induit que l’objectif est de valider « la cause anthropique du changement climatique » !

Paramétrisations sauvages

Peut-on faire confiance aux auteurs de ces paramétrisations sauvages ? Certains diront que ces ajustements de flux peuvent être légitimes. Mais il faudrait y mettre comme condition qu’ils soient « relativement faibles ». Or le rapport du GIEC de 1995 note qu’en comparaison des flux naturels, ils sont importants et qu’à certains endroits, ils sont souvent plus importants que les flux climatiques moyens (ils peuvent atteindre ≈100 W/m², voire localement 200 W/m², alors que la perturbation due au doublement de la concentration en CO2 se limite à 4 W/m²). Les deux lauréats du prix Nobel n’ont pas été les seuls à de tels « réglages de modèles » : le GIEC, en la personne de Frédéric Hourdin, reconnaît d’ailleurs que 22 des 23 principaux centres de modélisation climatiques qu’il a interrogés procédaient à des réglages « pour obtenir les propriétés souhaitées » et que ces « méthodologies de réglage peuvent affecter les résultats fondamentaux des modèles climatiques, tels que la sensibilité climatique » !

Ces modèles n’ont en fait aucune crédibilité. Cette analyse peut paraître inaccessible au commun des lecteurs. Mais une chose est facile à comprendre et affecte la prétention qu’on attribue aux deux prix Nobel d’avoir démontré qu’un doublement de la concentration de CO2 se traduit par un réchauffement de 2 °C en moyenne. Cette allégation n’est fondée que sur des périodes partielles d’observation limitées de manière partiale à la période de 1850-2020. S’ils avaient retenu la période allant de 1200 à 1600 qui a conduit au « petit âge glaciaire », ils auraient à l’évidence montré que lorsque l’activité solaire (mesurée en nombre de taches solaires), baisse de moitié, la température baisse de 2° ! Ils auraient alors également compris que lorsque l’activité solaire double la température monte réciproquement de 2°. Les émissions de CO2 n’ont rien à voir dans ce mécanisme : les vikings envahissant le Groenland (« Terre verte ») avaient-ils émis trop de CO2 ? Des modèles incapables d’expliquer le passé ne sont pas fondés à établir des prévisions sur le futur.

Stanislas de Larminat

Source : LSDJ

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