Jusqu’où accepter la dépendance aux GAFAM ?

Le 16 avril 2020

La crise du Coronavirus souligne notre dépendance toujours plus grande aux « tech compagnies ». En quelques semaines, elles « se sont rendues incontournables dans chaque aspect de nos vies confinées ». Avec le télétravail, l’école à distance, « la communication avec nos proches, l’accès à l’information et au divertissement, les achats en ligne, la livraison et même les téléconsultations médicales », les GAFAM (1) « ont encore resserré leur emprise ». Notre dépendance à « leur quincaillerie technologique » fait de nous leurs « otages consentants ».

Et cette crise sanitaire est une « double occasion de triomphe pour les tech compagnies ». La gestion du Covid-19 révèle que les Etats ont abandonné leur vocation primordiale « à garantir la sécurité et la santé physique de leurs concitoyens » pour devenir « des acteurs économiques entièrement préoccupés de réduire les coûts du travail, d’autoriser ou encourager la délocalisation de la production (notamment pharmaceutique), de déréguler les activités bancaires et financières et de subvenir aux besoins des entreprises ». Cet abandon a entraîné « une érosion extraordinaire du secteur public ». Ces « espaces laissés béants par nos États séduits par les sirènes de l’ultralibéralisme » ont été investis par letech compagnies, leur attribuant de facto «  une part de ce biopouvoir laissé vacant ».

Une philanthropie qui a tout du cheval de Troie

Production et distribution de kits de dépistage et de masques à grande échelle, dons financiers aux banques alimentaires américaines, investissement dans des fonds de recherche spécial Covid-19, traçage des malades… autant d’initiatives menées par les géants Google, Apple, Amazon, Tweeter, Palantir, Alibaba… ou leurs dirigeants. Ces « tech milliardaires en quête de sauvetage de l’humanité » ont fait «  main basse sur la santé ». Une « philanthropie » qui « a tout du cheval de Troie ».

Pour ne parler que du traçage, des sociétés proposent de mettre gratuitement à disposition des Etats l’algorithme qu’elles commercialisent pour « tracer la diffusion du virus ». L’objectif mis en avant est de « lutter contre les pénuries de personnel, de respirateurs et de médicaments, en proposant une répartition optimale » entre les hôpitaux. Mais « avec les dealers de big data, ce qui est gratuit a toujours un coût caché ». Il parait périlleux pour le respect de la vie privée et de la gouvernance des données de confier notre sauvetage à des entreprises « dont le business repose sur nos données personnelles » et qui « s’arrogent bien des libertés avec le règlement général sur la protection des données ». Reconnaître que nous avons besoin de ces tech compagnies en cette période de crise ne doit pas nous empêcher de nous interroger. Plutôt que d’accepter que les tech compagnies « transforment nos smartphones en bracelet électronique », les Etats ne devraient-ils pas consacrer leur énergie et leurs finances à développer leurs propres outils High Tech, dans le respect de leur « souveraineté et de l’éthique en matière de gouvernance des données » ?

Enfin, on sait que les GAFAM (1) « ont profité de la concurrence fiscale pour échapper à l’impôt ». Elles portent donc leur part de responsabilité dans la détérioration des « services publics, notamment ceux mobilisés dans cette crise sanitaire». Nous devrions cesser de « demander aux incendiaires du système d’en être les pompiers ».

(1) Acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft

________________________________________

Pour aller plus loin :

Source : Généthique
___________________________________

En renseignant votre adresse email, vous consentez à notre politique de confidentialité. Aucune information commerciale ne vous sera envoyée.
Si le formulaire ne s’affiche pas, merci de désactiver votre bloqueur de pub.

Revue de presse

Deux prix Nobels à des climatologues : des travaux vieux de 30 ans

Deux prix Nobels à des climatologues : des travaux vieux de 30 ans

Les deux lauréats climatologues sont impliqués dans les « procédures d'ajustement des modèles ». Le seul mot d’ajustement est suspect quand il s’agit d’une modélisation. En effet, nos deux lauréats ont été les grands artistes d’introduction de « flux d’ajustements » dans les modèles numériques quand ceux-ci s’éloignent des observations.

Revue de presse

« Dieu, la science, les preuves » : l’aube d’une révolution ?

Voilà que ce scientisme tout-puissant auto-proclamé est battu en brèche … par la science elle-même ! Celle-ci s’est comme retournée au cours du XXe siècle, avec une série d'avancées prodigieuses : les découvertes de la thermodynamique, de la Relativité, de la mécanique quantique, de la théorie du Big Bang...

L’objection de conscience sur la sellette

La suppression de l'objection de conscience est la conséquence logique du manque de soubassement moral commun à notre société. Les seules valeurs communes qui ont encore cours dans notre société libérale et individualiste sont l’autonomie et la liberté individuelle comprise comme une liberté factuelle

Deux prix Nobels à des climatologues : des travaux vieux de 30 ans

Les deux lauréats climatologues sont impliqués dans les « procédures d'ajustement des modèles ». Le seul mot d’ajustement est suspect quand il s’agit d’une modélisation. En effet, nos deux lauréats ont été les grands artistes d’introduction de « flux d’ajustements » dans les modèles numériques quand ceux-ci s’éloignent des observations.