La religion a-t-elle sa place dans la campagne présidentielle ?

Le 23 mars 2017

Port du voile, burkini, place des crèches de Noël, menu des cantines… la religion fait très souvent irruption dans l’actualité. Au point que 77 % des Français jugent qu’« on parle trop de religion dans le débat public », selon un sondage Ipsos/Game changers/Sopra Steria pour le service public audiovisuel (France Télévisions et Radio France).

La question a été posée les 16 et 17 mars à un échantillon représentatif de 1 000 personnes. Les jours précédents, l’actualité avait été notamment marquée par l’arrêt européen sur le port du voile islamique en entreprise.

Envahissante, la religion a pour autant une place revendiquée dans la campagne présidentielle. C’est l’autre enseignement à retenir de ce sondage : 46 % des personnes interrogées considèrent que religion et laïcité doivent être des thèmes qui occupent « une place importante » dans ce débat électoral et, pour 14 %, même une place « prioritaire ». Ils sont en revanche 40 % à vouloir que ces sujets gardent une place « secondaire ».

Cohabitation interreligieuse

L’importance accordée à ces thèmes est plus haute dans l’électorat lepéniste (29 % les jugent « prioritaires »), qui est en même temps l’électorat le moins d’accord avec le fait que la « cohabitation entre les différentes religions se passe globalement bien aujourd’hui en France » (15 % seulement sont d’accord sur une moyenne de 40 %).

À l’inverse, les électeurs de Benoît Hamon (PS) sont à la fois ceux qui accordent une place « secondaire » aux thèmes de la religion et de la laïcité dans la campagne et qui estiment, à 68 %, que la cohabitation entre religions se passe bien et, à 82 %, qu’on parle trop de religion dans le débat public. Chez ceux qui ont l’intention de voter pour Jean-Luc Mélenchon, ils sont même 86 % à juger qu’on en parle trop.

Le candidat de la France insoumise s’est fait l’écho de ce ras-le-bol au cours du débat télévisé entre les principaux candidats à la présidentielle, le 20 mars, déplorant qu’« on parle beaucoup de trop de religion » lors d’un échange virulent sur la laïcité opposant les candidats sur le plateau.

Mais la notion même de laïcité, à laquelle tous sont très attachés, fait l’objet d’acceptions diverses. Pour les mélenchonistes, elle est d’abord la séparation des Églises et de l’État (45 %) tandis que les lepénistes la définissent, dans la même proportion, comme « la préservation de l’identité traditionnelle de la France ».

Chez les macronistes comme chez les électeurs de Benoît Hamon, il s’agit, pour moitié d’entre eux dans les deux cas, de « la possibilité pour des gens de convictions différentes de vivre ensemble ». Chez les fillonistes, on semble très partagé. La « liberté de pratiquer » est mise en avant (44 %) mais le « vivre ensemble », la « séparation des religions et de l’État » et la « préservation de l’identité » sont aussi largement évoqués.

Manque de confiance

Quelle que soit la définition retenue, sur la laïcité comme sur la place des religions, les Français font peu confiance à leurs candidats. D’après le même sondage, ils sont une large majorité à ne « pas du tout » faire confiance ou « plutôt pas confiance » sur ces questions aux cinq principaux candidats. La défiance est la plus forte à cet égard envers François Fillon (69 %) et la moindre envers Emmanuel Macron (59 %).

Et quel que soit l’électorat, ils sont majoritaires à penser que « les responsables politiques ne devraient pas parler publiquement de leurs croyances religieuses » (de 54 % chez les fillonistes jusqu’à 88 % chez les électeurs de Hamon). D’ailleurs, chez les Français eux-mêmes, la religion occupe « une place importante dans la vie personnelle » de 24 % seulement des sondés.
Sébastien Maillard

Source : LaCroix.com
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