Les contradictions du féminisme

Le 9 mai 2016

La première contradiction consiste à «ériger l’avortement comme un progrès social sans défaut, quand un grand nombre de femmes en souffrent »« Toutes les femmes qui ont avorté ne souffrent pas, mais une part substantielles d’entre elles, oui ». Cela, « les féministes n’en parlent jamais » constate-t-elle. Et comble pour ces féministes, « elles ne parlent pas de ces femmes qui sont obligées à ce geste par leur compagnon ».

« On feint de croire qu’il s’agit d’un acte banal, tout en sachant qu’il s’agit au mieux d’un échec, au pire d’un drame », explique Eugénie Bastié. « On tranche entre la vie du fœtus et la vie de la mère, au nom d’un certain pragmatisme qui confine à l’arbitraire. Ce qui est insupportable, c’est de sacraliser et de fondamentaliser ce compromis. »  C’est bien ce que recommande les féministes, qui ont fait de l’avortement un ’droit fondamental’« En oubliant le caractère sacré de la vie et le mystère de la filiation », elles ont ajouté leur pierre « à l’entreprise néolibérale de marchandisation du vivant ».

Avortement1Elles ont encouragé la suppression de la notion de ‘détresse’ et du délai de réflexion, « afin d’ériger en droit une concession » « On supprime le mot ‘détresse’ de la loi, en imaginant qu’en éradiquant le mot on évacuera la souffrance. On supprime le délai de réflexion parce qu’il représenterait une tentative insidieuse de culpabilisation de la femme. (…) Le choix de donner ou pas la vie devrait-il faire l’économie d’une réflexion ? »

« Il y a 220 000 IVG par an en France depuis 40 ans », rappelle Eugénie Bastié. « Ce nombre ne baisse pas malgré la diffusion de la contraception. J’appelle cela un problème. Et je crois que la baisse du nombre d’avortements devrait être un objectif de politique publique. » Elle lance par exemple l’idée de « proposer des alternatives concrètes à l’avortement, dont l’ouverture de centres d’aide à la grossesse comme il en existe aux Etats Unis ».

L’avortement et la contraception ont soumis la femme à la technique

« C’est elle qui avale chaque jour des hormones, qui modifie son corps, qui loue son ventre et détruit la chair de sa chair, ce n’est pas l’homme ». Et demain, ce sera la congélation des ovocytes : « Le slogan ‘un enfant si je veux quand je veux’ sera enfin réalisé. La femme pourra suspendre son horloge biologique pour réussir sa carrière, puisque le credo de l’époque veut que la réussite d’un être humain se mesure à son compte en banque plutôt qu’à sa descendance ».

(1) Journaliste au Figaro après avoir collaboré au magazine Causeur, Eugénie Bastié, 24 ans, est également rédactrice en chef politique de la revue d’écologie intégrale Limite.

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