Laissez les gens prier s’ils en ont envie !

Le 5 avril 2016

Qu’on soit religieux ou athée, qu’on croie en quelque chose qui nous transcende ou pas du tout, je ne vois pas au nom de quoi il faudrait empêcher les gens de prier après des attentats terroristes. C’est leur choix. Mais comme d’habitude, le bal des indignations a fleuri après les explosions de Bruxelles. Sur Facebook, un certain Andrew Seidel s’est offusqué qu’on puisse «prier» pour la Belgique et nos voisins belges:

«À tous ceux qui suggèrent de prier pour Bruxelles, plus de religion n’est pas la réponse à ce problème. Même si ces prières vous font du bien, elles ne servent qu’à ça. […] Priez si vous le devez, mais en plus d’agir, pas à la place, et n’espérez pas plus de vos prières. La religion n’est pas la solution, c’est le problème.»

Difficile d’être plus tranché et binaire. L’homme est un activiste (et photographe) qui travaille pour le Central Florida Free Thought Community (CFFTC), un groupe de militants athées. Il incite les gens à faire des dons pour des associations, tels Médecins sans Frontières. C’est louable. Mais pourquoi prier et donner seraient incompatibles? Pourquoi l’un ne pourrait pas nourrir l’autre? Il faut dire que Seidel n’en est pas à son ballon d’essai puisqu’il avait entrepris, avec le CFFTC, une action contre la distribution de bibles dans les écoles du comté d’Orange pour s’opposer à l’exposition des enfants à la religion chrétienne.

Mais la religion n’est pas le problème. C’est son interprétation littérale, par des hommes fous qui la dépouillent de son sens profond, qui est bien plus préjudiciable. Une idée ne tue personne. Une idée peut même faire avancer des millions de gens. C’est ce qu’on fait de cette idée qui peut s’avérer nuisible.

La laïcité n’est pas la disparition des religions

Déjà, après les attaques de novembre à Paris, Luc Le Vaillant s’était fendu d’un billet tout aussi caricatural dans Libération«Il y a un hashtag qui me colle des boutons d’autant plus qu’il est repris par le monde entier. Cela s’intitule « #prayforparis ». Et d’Hillary Clinton à Teddy Riner en passant par Thiago Silva, ils sont plein d’empathie et de compassion tous ceux qui veulent prier pour Paris. Sauf que non, non, il ne faut pas, surtout pas, car ce serait faire le jeu du religieux et de ses guerres. Je n’irais pas jusqu’à dire faire le jeu des islamos, mais presque…» Ou comment se donner bonne conscience en dénonçant les religieux qui ne tuent personne, tout en prétendant lutter contre les djihadistes…

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Source : Slate.fr

Revue de presse

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