Tensions dans le protestantisme français

Le 11 janvier 2016

La décision, adoptée le 17 mai 2015, avait marqué l’opinion. Ce jour-là, les représentants de l’Église protestante unie de France (EPUdF), rassemblés à Sète, dans l’Hérault, autorisaient ses pasteurs à bénir des couples homosexuels. Une première en France pour une Église chrétienne.

Ses dirigeants soulignaient alors qu’il s’agissait d’abord d’une décision interne. Et pourtant. Quelques heures après la publication du texte, un communiqué du Conseil national des évangéliques de France (CNEF) traduisait son incompréhension. Il se terminait sur cette annonce : « La décision de l’Église protestante unie marquera de façon négative les relations qu’elle entretient avec les protestants évangéliques et compliquera aussi les relations avec les autres Églises. » Un avertissement lancé à la Fédération protestante de France (FPF) dont l’Église unie est l’un des membres historiques. Huit mois plus tard, les faits lui ont donné raison.

Crispations

Signe le plus visible de la crispation : l’organisation de « Protestants en fête », un événement prévu à Lyon en 2017 pour célébrer les 500 ans de la Réforme, a été revue de fond en comble depuis qu’en juin 2015 les Églises locales du CNEF ont annoncé ne plus vouloir participer à sa mise en œuvre aux côtés des Églises membres de la FPF. « C’est devenu inenvisageable pour eux, d’autant plus que le thème de l’année était : “Laissez-vous réconcilier”… » commente Étienne Lhermenault, le président du CNEF.

Quant au groupe de discussion réunissant quatre fois par an des représentants des deux instances, il a, pour l’heure, suspendu ses travaux. La réunion de juin a été annulée à la dernière minute. La séance d’octobre a quant à elle été dédiée à une « franche explication », « mais pas suffisante pour autant », selon l’un de ses membres. Et la date de la prochaine réunion n’a toujours pas été fixée.

Différentes conceptions ?

« Des pistes de collaboration plus profondes étaient sur le point de germer, mais elles n’aboutiront pas », constate Clément Diedrichs, directeur du CNEF et co-animateur de ce groupe avec son homologue de la FPF, Georges Michel.

« Il y avait l’espoir que les membres du CNEF rejoignent l’esprit de communion qui anime les Églises de la Fédération protestante de France, rappelle Étienne Lhermenault. C’était une façon de reconnaître une même autorité de la Bible, une même façon d’être Église. Mais de ce point de vue, la décision de l’EPUdF a rendu les choses impossibles ». Avant de poser une question : « Quelle est la nature du lien exact qui unit l’EPUdF et ses alliées de la Fédération protestante de France (FPF) ? » Autrement dit, la Fédération protestante de France partage-t-elle la conception de l’autorité biblique esquissée par l’EPUdF ?

Diversité de convictions

Pour sortir de l’ornière, la Fédération a confié à un groupe de travail le soin de réfléchir au lien qui unit ses Églises membres. « Contrairement au CNEF, nous ne sommes pas liés par une confession de foi commune. La charte qui unit les Églises membres de la Fédération parle de ”communion”, mais il nous semble nécessaire de préciser ce terme », explique Georges Michel, le secrétaire général de la FPF.

Les travaux, appuyés par la théologienne baptiste Valérie Duval-Poujol et le pasteur réformé alsacien Christian Krieger, devraient courir tout le long de l’année 2016. « L’issue de ce travail sera déterminante », admet le président de la FPF, François Clavairoly, qui relativise toutefois les difficultés. « Nous sommes dans une situation d’entre-deux, reconnaît-il. Mais je reste confiant. Le protestantisme est ainsi fait : il doit assumer cette diversité de convictions. Nous devons accepter de porter un témoignage commun. » Lire la suite

Source : La Croix

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