IV. Les Églises et mouvements apparus au 20e siècle

Mis en ligne le 27 octobre 2014 Imprimer Imprimer

a) Les Églises de la Bonne Nouvelle, et quelques autres mouvements
Enfin, depuis 1940 en Alsace s’est développé le mouvement des églises dites de la Bonne Nouvelle, fondé par des jeunes d’origine protestante ou catholique gagnés à l’évangélisme par un réveil parmi les étudiants alsaciens réfugiés à Périgueux durant la seconde guerre mondiale [18]. Le première assemblée a été fondée à Strasbourg en 1947, puis d’autres ont été implantées à Barr, Lingolsheim, Vendenheim et Holtzheim.

Bien qu’il s’agisse là d’une initiative entièrement alsacienne, la structure ecclésiale adoptée est celle des Open Brethren (Frères Larges), une branche des Assemblées de Frères britanniques [19], comme étant le modèle le plus conforme à l’Église du Nouveau Testament. A partir de 1994, les Églises de la Bonne Nouvelle se sont d’ailleurs fédérées aux Communautés et Assemblées Évangéliques de France (CAEF), qui tirent leur origine de la prédication de missionnaires envoyés par les Assemblées de Frères britanniques en France de l’intérieur entre 1830 et 1930, notamment Edmond Squire, George Jones, Cecil Catton et M. Norris.

Les Églises de la Bonne Nouvelle d’Alsace ont elles-mêmes participé à l’évangélisation de la France de l’intérieur, en fondant une assemblée à Lyon (1983) et une à Nantes‑Rezé (2000). Enfin, signalons que trois assemblées du Haut-Rhin (Munster, Guebwiller et Wittenheim), jusque-là indépendantes, ont récemment rejoint les Communautés et Assemblées Évangéliques de France.

Les Églises de la Bonne Nouvelle sont actives sur le plan social, par exemple avec le lieu d’accueil pour demandeurs d’asile appelé Kaïros, lié à l’Église de la Bonne Nouvelle de Strasbourg, ou encore l’Association de Soutien des Missions des Assemblées de France (ASMAF), qui coordonne le travail humanitaire des Églises de la Bonne Nouvelle et des CAEF au Tchad et au Népal.

Quelques autres mouvements d’églises, fruit cette fois de réveils ayant eu lieu hors d’Alsace, se sont implantés dans la région au cours de ces dernières décennies :

  • Le mouvement des Églises du Cèdre, fondé par l’évangéliste sud-africain d’origine allemande Erlo Stegen, suite à un réveil parmi les Zoulous ; à partir des années 1980, sept assemblées ont été fondées en France, dont deux en Alsace (à Haguenau, et au Col du Bonhomme).
  • La Mission Timothée, née d’un réveil dans le Gard dans les années 1960‑70, qui a fondé deux assemblées en Alsace (une à Wolfisheim et une à Thann).
  • L’Église locale, née d’un réveil initié par l’évangéliste Witness Lee en Chine après 1945, et qui est présente à Strasbourg depuis les années 1980 sous la forme de plusieurs petits groupes.
  • L’Église du Christ, née du grand réveil nord-américain du début du 19e siècle, mais dont l’implantation en Alsace (une assemblée à Strasbourg) est récente, puisqu’elle date du début des années 2000.

b) Les Églises pentecôtistes et charismatiques
Bien qu’ils partagent nombre de caractéristiques avec les autres évangéliques (églises libres, autorité de la Bible, accent sur l’évangélisation,…), le Pentecôtisme et le Charismatisme ont la particularité d’avoir redécouvert et développé une spiritualité centrée sur l’action du Saint-Esprit, notamment à travers les miracles, la prophétie et le « parler en langues » (glossolalie), ce qui a profondément transformé le paysage chrétien du 20e siècle.

Si la spiritualité pentecôtiste et charismatique a des antécédents européens (l’Anabaptisme spiritualiste, le Quakerisme, le Prophétisme camisard, le Piétisme) et africains (notamment la spiritualité des esclaves noirs déportés en Amérique), en tant que mouvement organisé le Pentecôtisme contemporain apparaît aux États-Unis autour de 1900, puis se propage rapidement en Europe à partir de la Norvège, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne (cette dernière déjà préparée par un réveil de type pentecôtisant au Pays de Galles entre 1903 et 1908). Le mouvement charismatique, appelé aussi Néopentecôtisme, naît lui aussi en Amérique du Nord, au début des années 1960, avant de se répandre en Europe et dans le reste du monde.

Le Pentecôtisme est introduit en Alsace après la première guerre mondiale par des femmes d’origine luthérienne ou méthodiste, notamment Elise Bild et Marguerite Stuber, qui ont rencontré des Pentecôtistes suisses et assisté aux réunions d’évangélisation des prédicateurs pentecôtistes anglais Smith Wigglesworth (Zurich, 1920), Douglas Scott (Bâle, 1932) et Stephen Jeffreys (Bâle, 1934).

A partir de 1930 se créent quelques assemblées de langue allemande, puis au cours des années 1960 le paysage pentecôtiste alsacien se diversifie et devient plus francophone, avec la fondation de diverses communautés affiliées à des mouvements nationaux ou internationaux: les Assemblées de Dieuexpression majoritaire du Pentecôtisme français, né de la prédication de Douglas Scott, présent en France entre 1927 et 1967 (six assemblées dans le Bas-Rhin : Haguenau, Sarre-Union, Sélestat, Strasbourg, Wasselonne, Wissembourg ; et six assemblées dans le Haut-Rhin : Altkirch, Colmar, Mulhouse, Sainte-Marie-aux-Mines, Saint-Louis, Soultz) ; l’Église de Dieu en France (deux assemblées dans le Haut-Rhin : Colmar et Munster), et l’Union des Églises Protestantes Foursquare France (une assemblée à Lingolsheim), qui ont toutes deux leur siège international aux États-Unis ; les Églises Italiennes du Nord de l’Europe, affiliées au Pentecôtisme nord-américain italophone (une assemblée à Saint-Louis) ; et enfin, la Mission Évangélique des Tziganes de France, fondée en 1957 suite à la conversion de Tziganes de Bretagne (deux assemblées à Strasbourg, et une à Mulhouse) [20]. Signalons aussi la présence d’une église pentecôtiste indépendante, l’Église Chrétienne de Pentecôte (située à Ostwald), anciennement affiliée à la Mission de Besançon mais aujourd’hui autonome.

Les Églises pentecôtistes sont engagées dans l’aide aux personnes en situation précaire, par exemple à travers l’Association Chrétienne de Coordination, d’Entraide et de Solidarité (ACCES, liée à l’Assemblée de Dieu de Mulhouse), qui gère plusieurs foyers d’accueil pour personnes sans domicile fixe, chômeurs et jeunes travailleurs ; ou encore l’association Enjeu, liée à l’Assemblée de Dieu de Strasbourg, qui offre divers services sociaux.

L’essor du mouvement charismatique dans le monde après 1960 se traduit en Alsace par une vague d’implantations d’églises à partir des années 80, et qui se prolonge encore aujourd’hui. Ces implantations sont presque toujours des initiatives locales, sous la forme de groupes de maison devenus des églises, et qui ont souvent ensuite fondé d’autres petites églises par « essaimage ». Actuellement, on trouve une bonne vingtaine d’églises charismatiques en Alsace.

La plus importante est la Porte Ouverte Chrétienne (POC) de Mulhouse (créée en 1966), qui compte aujourd’hui plus de 2000 membres, et qui a essaimé à Strasbourg et Colmar, ainsi que dans la France de l’intérieur à Reims, Draveil et Le Boulou. Les églises de la POC sont membres d’une dénomination nationale, la Fédération des Églises du Plein Évangile en Francophonie, à laquelle appartiennent également trois autres églises locales de la région (situées à Schiltigheim, Schirmeck et Thann).

Quelques églises charismatiques de la région sont rattachées à d’autres dénominations nationales (une église de la Fédération des Églises Agapé, à Mulhouse‑Illzach ; deux églises de la Communion des Églises de l’Espace Francophone, à Strasbourg et Haguenau), d’autres sont rattachées à une dénomination internationale (trois églises du mouvement Vineyard, à Mundolsheim, Habsheim et Sierentz), et une dizaine d’églises sont totalement indépendantes.

Le Charismatisme en Alsace s’exprime également à travers divers ministères de prophétie, de guérison, de louange et d’évangélisation qui ne sont pas (ou pas encore) des églises, et qui pour le moment organisent des rencontres régulières ou occasionnelles plutôt en semaine, dans des endroits qui peuvent changer (en général des salles louées) : il s’agit notamment de Harvest Ministries, de Christian Fondacci Ministère, de l’association Nah El – Pour une nouvelle Réforme, ou encore de l’association Le Pas (liée au mouvement national France en Feu).

Rappelons enfin que le Charismatisme a aussi touché les Églises catholique, luthérienne et réformée d’Alsace, sous la forme du Renouveau charismatique à partir des années 1970 [21]. Les prêtres, pasteurs, paroisses et communautés de tendance charismatique de la région (Communauté St Nicolas luthérienne, Communauté du Puits de Jacob catholique,…) se retrouvent dans l’association Renouveau Alsace, qui entretient de bonnes relations avec les Églises évangéliques libres.

c) Les Églises dites ethniques
Depuis les années 1980, surtout dans les grandes villes (Strasbourg et Mulhouse), on assiste à l’implantation d’Églises dites « ethniques », composées de personnes issues de l’immigration extra­‑européenne. C’est ainsi que l’on trouve trois assemblées cambodgiennes, une assemblée chinoise, une assemblée tamoule, une assemblée arménienne, une assemblée éthiopienne, ainsi que quelques groupes coréens, russophones et maghrébins.

Bien que les premiers Juifs soient arrivés en Alsace il y a plus d’un millénaire, citons ici l’Association du Berger d’Israël, qui réunit des Juifs messianiques (c’est-à-dire des Juifs qui ont découvert en Yeshouah (Jésus) leur Messie et Seigneur, et qui veulent en même temps rester fidèles à la culture juive), et qui édite et diffuse un magazine et des conférences audio à l’adresse de la population juive de la région.

Mais ce sont les Églises africaines qui ont connu le développement le plus spectaculaire dans la région, puisqu’elles sont passées de deux ou trois petits groupes dans les années 1980 à une vingtaine d’églises aujourd’hui. La plupart sont nées d’initiatives individuelles et sont totalement indépendantes, mais certaines se sont affiliées à des fédérations nationales elles-mêmes membres du Conseil National des Évangéliques de France ou de la Fédération Protestante de France. Tel est le cas de l’Entente et Coordination des Oeuvres Chrétiennes (ECOC en sigle), une fédération témoin de la diversité évangélique et membre fondateur du CNEF, avec trois églises à Strasbourg ; la CEAF, Communauté des Eglises d’Expressions Africaines de France, membre de la FPF, avec deux églises dans la région. ; ainsi que l’Union des Églises Évangéliques Haïtiennes et Afro‑Caribéennes : une église à Strasbourg.
D’autres sont liées à des dénominations africaines internationales, comme la Church of Pentecost, basée au Ghana : une église à Strasbourg et une à Mulhouse ; Bethel Prayer Ministry, également basé au Ghana : une église à Strasbourg et une à Mulhouse ; ou encore la Redeemed Christian Church of God, basée au Nigéria : une église à Strasbourg.

La fondation en 2012 de l’Union des Églises Africaines d’Alsace (UEAA) a été une étape importante, en permettant à la dizaine d’assemblées qui en sont membres d’établir des liens les unes avec les autres, et d’être plus facilement visibles et représentées auprès de la population et des autorités locales. L’ambition de l’UEAA est d’arriver un jour à unir toutes les assemblées africaines de la région.

Enfin, même s’il s’agit d’une église plus internationale que spécifiquement ethnique, on peut mentionner ici l’Église Trinity de Strasbourg : en 2005, l’Alliance des Églises Chrétiennes Missionnaires, qui a son quartier général aux États‑Unis, a fondé à Strasbourg une église internationale anglophone appelée Trinity International Church, dont le but est d’évangéliser et rassembler les expatriés anglophones (Britanniques mais aussi Nord‑Américains, Australiens, Indiens,…) présents à Strasbourg, qui sont en général étudiants, ou cadres dans des entreprises commerciales ou dans les institutions européennes. Cependant, de nombreux francophones intéressés par la langue anglaise et la culture anglo-saxonne se sont également joints à cette église.

5) Les œuvres évangéliques aujourd’hui
Comme nous l’avons dit au début, les protestants évangéliques ont créé de nombreux organismes missionnaires ou d’action caritative, sociale ou éducative, appelés « œuvres ». Nous avons déjà mentionné des initiatives de ce type liées à certaines églises locales ; nous allons à présent nous intéresser aux œuvres évangéliques qui sont indépendantes ou inter églises.

Plusieurs associations évangéliques d’aide envers la population locale sont nées de la collaboration de chrétiens de différentes églises. A Strasbourg, on peut citer l’Association d’Entraide « Le Relais », qui gère deux foyers d’accueil pour personnes en difficulté ; SOS Femmes Enceintes (Strasbourg et environs), qui aide les futures mères en situation précaire ; et La Traversée, qui propose aux personnes un soutien psychologique.
A Strasbourg et Mulhouse, on peut citer Bouge Ta Ville et Action des Jeunes dans la Cité, des programmes d’été où de jeunes évangéliques font des animations de rue et des actions citoyennes dans les quartiers difficiles. Fruit de la collaboration de chrétiens de toute la région, l’association Compassion en Action s’occupe de visiter les malades ou les personnes en fin de vie, et de soutenir le ministère de deux aumôniers d’hôpitaux. Enfin, citons Le Bercail (à Guebwiller), une maison qui accueille une soixantaine d’enfants orphelins ou en rupture de famille.

Sont aussi présents en Alsace des organismes évangéliques humanitaires indépendants ou inter-églises, qui agissent dans des régions pauvres du monde, comme Grâce et Lumière (aide aux malades en Afrique de l’Ouest), Le Pélican (aide aux réfugiés à Kaboul), Mai Savanh Lao (soutien aux artisans du Laos), Maeva Sev (projets de développement en Afrique), Médecine et Développement Au-delà des Frontières (MEDAF), le Service d’Entraide et de Liaison (SEL, la branche française de TEAR‑Fund), Parrains de l’Espoir (branche française d’Interaid), et la Mission Évangélique contre la Lèpre ; on peut également mentionner la mission Portes Ouvertes, qui soutient les Églises et les chrétiens persécutés dans le monde.

Plusieurs sociétés missionnaires internationales, qui évangélisent et visent à implanter des églises dans différentes régions du monde, sont présentes en Alsace, comme l’Action d’Évangélisation Internationale  (AEM‑WEC), la Mission Évangélique parmi les Nations Arabophones (MENA-AWM), ou encore la Mission Biblique en Côte d’Ivoire et à Haïti. D’autres associations de dimension nationale ou internationale sont présents en Alsace avec comme objectifs l’évangélisation de la population ou l’édification des chrétiens de la région : France-ÉvangélisationAssociation Internationale des Gédéons, Ligue pour la Lecture de la Bible,…

Enfin, certains mouvements utilisent des moyens spécifiques, ou bien sont orientés vers des secteurs d’activités précis ou vers certaines catégories de population ; tout cela à la fois pour faire connaître l’Évangile et pour aider les chrétiens à grandir dans la foi :

  • Radios : Phare-FMRadio IrisRadio Arc-en-Ciel.
  • Livres, magazines, traités, cartes,… : Média‑EspéranceLibrairie CLCLibrairies CertitudeMaison de la Bible,…
  • Monde de l’art : MajestartPsalmodiaArt et Parole ; dont chant et musique : Chorale Gospel Joie et Vie, LightclubberzOR MusiqueWhite SpiritMobil’HomeAntydot,…
  • Monde professionnel : Chrétiens Témoins dans le Monde (anciennement Hommes d’Affaires du Plein Evangile), Association de Chrétiens Témoins dans leurs EntreprisesGroupes Bibliques d’EntreprisesUnion Évangélique Médicale et Paramédicale,…
  • Formation théologique et biblique : Cours FormapréInstitut de Théologie Évangélique AppliquéeInstitut Timothée.
  • Promotion de l’éthique chrétienne : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine.
  • Hommes : Association Equiper l’Homme de Dieu (Congrès d’Hommes Chrétiens).
  • Femmes : AglowFemmes 2000.
  • Couples et familles : Famille Je T’AimeMission Vie et FamilleJoie et Vie,…
  • Enfants : Association Evangile et EnfanceLes SemaillesLaisse-moi te Raconter,…
  • Jeunes : Soirées PulseJeunesse pour ChristJoie de VivreJoie et VieLe TremplinFlambeaux et Claires FlammesEclaireurs de l’Evangile,…
  • Enseignement scolaire (écoles libres) : Collège DanielL’Oliveraie.
  • Etudiants et lycéens : Clubs Bibliques LycéensGroupes Bibliques UniversitairesFoyer Évangélique UniversitaireNavigateurs.

6) Vers plus d’unité : l’AEF, les Ententes locales et le CNEF
Pour favoriser l’unité et la collaboration entre les diverses Églises, sensibilités et œuvres évangéliques, en 1846 a été créée l’Alliance évangélique universelle (AEU), qui représente quelque 600 millions d’Évangéliques dans le monde à l’heure actuelle [22]. La branche française, appelée Alliance Évangélique Française (AEF), a eu un rôle important pour promouvoir l’unité et la collaboration entre les évangéliques de notre pays, y compris en Alsace, surtout au cours de la seconde moitié du 20e siècle. L’AEF a notamment mis en place la Semaine Universelle de Prière (chaque année en janvier), elle a permis d’organiser de nombreuses actions d’évangélisation en commun, et elle a favorisé la naissance d’« Ententes » entre églises évangéliques d’une même ville, à Strasbourg, Mulhouse, Colmar, Wissembourg, Haguenau, Sélestat,…

Des événements annuels au niveau régional ont aussi contribué, ou contribuent encore, à une plus grande unité, notamment la Pastorale Évangélique de l’Est (entre 1971 et 2010), la Marche pour Jésus (depuis 2000), le Sommet Mondial du Leadership (depuis 2012), la Rencontre Évangélique de Pentecôte d’Alsace du Nord (depuis 1888 au Geisberg, depuis 2004 à Seebach), le rassemblement de jeunes de Pâques Ze Rencontre (depuis 2004 dans le Haut-Rhin), le festival artistique Muziktus,…

En 2010, l’AEF a été remplacée en 2010 par le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), qui a des sections locales dans de nombreux départements, dont le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. On compte plus de 2100 églises locales évangéliques en France en 2014, rassemblant en tout environ 600 000 personnes (soit 1% de la population française) [23].
En Alsace, on compte autour de 40 000 protestants évangéliques (soit près de 2% de la population alsacienne), répartis dans quelque 170 églises locales : environ 90 dans le Bas-Rhin et 80 dans le Haut-Rhin. Environ la moitié de ces églises locales sont membres du CNEF du Bas-Rhin ou du CNEF du Haut-Rhin.

Christopher Sinclair
Maître de conférences à l’Université de Strasbourg

Notes

[18] Voir MEHL Herrade & EISSEN Edith, « La Bonne Nouvelle », in Aspects du Protestantisme « Évangélique », Bulletin n°7 du Centre de Sociologie du Protestantisme, Strasbourg, Faculté de Théologie Protestante, 1986, p. 47‑67.

[19] Dans ce modèle d’assemblée, la direction est collégiale et assurée par le « conseil des anciens » ; souvent, il n’y pas de pasteur rémunéré ; lorsqu’il y en a un, il est considéré comme un ancien parmi les autres et il doit respecter le fonctionnement collégial.

[20] Voir PFISTER Raymond, Soixante Ans de Pentecôtisme en Alsace (1930‑1990), Etudes d’Histoire Interculturelle du Christianisme n°93, Frankfurt am Main – Berlin, Peter Lang Verlag, 1995.

[21] En 1980, 10% des pasteurs luthéro‑réformés d’Alsace se disaient charismatiques : WILLAIME Jean Paul, op. cit., p. 32.

[22] Sur l’Alliance évangélique universelle, voir THOBOIS André, Une conviction qui fait son chemin – L’Alliance évangélique universelle, 1846-1996, Paris, Editions Décision, 1996.

[23] Sur l’évolution des évangéliques de France, voir : BAUBEROT Jean, « Le courant évangélique », in Le Retour des Huguenots, Paris – Genève, Le Cerf – Labor et Fides, 1985, p.285-299. FATH Sébastien, Du Ghetto au Réseau – Le protestantisme évangélique en France, 1800‑2005, Genève, Labor et Fides, 2005 ; SINCLAIR Christopher, « Évangéliques de lignée piétiste : entre Bible et réveils », in FATH Sébastien & WILLAIME Jean‑Paul, La Nouvelle France Protestante – Essor et recompositions au XXIe siècle, Genève, Labor et Fides, 2011, p.253‑264.


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