Vers un utérus artificiel ?

Des tests de « couveuses perfectionnées » évoquent la quête de « l’utérus artificiel ». Une équipe de chercheurs dirigée par Alan Flake, de l’hôpital pour enfants de Philadelphie, a publié une étude sur les travaux qu’elle mène sur un système de « couveuse perfectionnée ».

Mis en ligne le 4 mai 2017 Imprimer Imprimer

Testé sur des agneaux grands prématurés, l’incubateur complexe mis au point vise à prolonger la gestation dans un milieu aquatique. Il s’agit d’un « circuit fermé », pour limiter les risques d’infection, mimant le liquide amniotique et l’environnement utérin. Des fœtus d’agneaux ont été extraits par césarienne de leur mère après 15 à 16 semaines de gestation et introduits dans l’appareil, constitué d’un sac fermé et transparent.
Le cordon ombilical de l’animal est relié à un circuit d’oxygénation du sang (une sorte de placenta artificiel), qui permet aussi de surveiller la teneur en oxygène. « C’est le cœur de l’animal lui-même qui prend en charge la circulation sanguine, ce qui évite des surpressions délétères.  Nous avons été surpris par la qualité de la réponse physiologique des animaux. Les fœtus régulent eux-mêmes les échanges » explique Emily Partridge, auteur de l’article de Nature Communications.
Quelques fœtus ont survécu et continué à se développer ex-utero pendant quatre semaines. Puis, les animaux ont été sortis du sac protecteur, les chercheurs ont observé leur capacité à respirer par eux-mêmes à l’air libre avant de les euthanasier pour analyser leurs organes, poumons et cerveau en particulier, car ce sont les organes qui souffrent le plus de la grande prématurité. Leur état était semblable à celui retrouvé chez un fœtus du même stade ayant continué sa gestation dans des conditions normales.

Ce n’est pas la première fois que ce genre d’étude est mené, mais c’est la première fois qu’un système externe parvient à maintenir les fonctions vitales et à assurer le développement d’un fœtus animal pendant aussi longtemps.

L’instigateur de ces travaux explique que l’objectif qu’il poursuit est de mettre au point un incubateur qui mime au plus près la physiologie d’un utérus, pour améliorer les chances de survie sans séquelles des bébés nés très grands prématurés.  Les chercheurs estiment que le stade de gestation de ces agneaux équivaut à celui de 22 à 24 semaines chez l’humain. Pour le professeur Alan Flake, la prochaine étape consistera à adapter le système pour les bébés humains prématurés. Selon le chirurgien foetal: « les essais cliniques pourraient commencer dans moins de cinq ans. D’ici 10 ans, cela pourrait devenir une pratique de routine de placer les nourrissons extrêmement prématurés dans ce type d’utérus artificiel pendant un mois avant qu’ils ne soient déplacés dans des couveuses conventionnelles à environ 28 semaines ».

Source : Alliance Vita

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