Un robot-pasteur pour réfléchir à l’avenir

À l’occasion des 500 ans de la Réforme protestante, un pasteur allemand a installé dans son église de Wittemberg (Saxe-Anhalt) un robot-pasteur. Le but est de provoquer un débat sur l’avenir de l’Église à l’heure de l’intelligence artificielle. Des réactions mitigées…

Mis en ligne le 31 juillet 2017 Imprimer Imprimer

Haut rectangle d’aluminium agrémenté d’un écran tactile, BlessU-2 ressemble à un distributeur de billets. Mais ce que cette étonnante machine distribue, ce sont des bénédictions – son nom signifie d’ailleurs en français « Je te bénis aussi ». BlessU-2 est le premier robot-pasteur.

D’une voix d’homme ou de femme, en allemand, anglais, français, espagnol ou polonais, ce polyglotte peut réciter des passages de la Bible et termine chacune de ses interventions par un cordial « Dieu vous bénisse et vous protège ! » Lors de ces bénédictions, il lève aussi les bras et ses mains laissent échapper une lumière blanche, tandis que ses sourcils bougent.

Que l’on ne s’y trompe pas : BlessU-2 n’a vocation à remplacer aucun pasteur de chair et d’os et l’Église allemande ne devrait pas être « robotisée » dans l’immédiat.

Il s’agit seulement d’une expérience menée par l’Église protestante évangélique de Hesse et Nassau (Allemagne) à l’occasion des 500 ans de la Réforme protestante. Cette création a été dévoilée en mai dans le cadre d’une exposition dans la ville de Wittenberg, au sud-ouest de Berlin.

Des croyants inquiets

« L’idée est de provoquer un débat », explique Stephan Krebs au Guardian, le pasteur de cette paroisse. Son but est d’amener les gens à « envisager la possibilité d’être bénis par une machine » et à s’interroger sur la « nécessité d’un être humain ».

Dans un pays qui commence à manquer de pasteurs, il a semblé important à Stephan Krebs d’inviter les fidèles à réfléchir à la place de l’intelligence artificielle dans le monde de demain et à l’apport technologique au monde religieux.

Si la machine amuse les passants, elle inquiète davantage les plus pratiquants, qui craignent de voir à terme les pasteurs remplacés par des machines. « Ceux qui sont très religieux sont les plus critiques », regrette Stephan Krebs.

Cette expérience n’est pas le premier cas de « robotisation » du monde spirituel. En 2016, un temple bouddhiste de Pékin avait déjà développé un moine-robot capable de chanter des mantras.
Mélinée Le Priol

Source : La Croix
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