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Un évangélique porté à la mairie de Rio de Janeiro

Le sénateur Marcelo Crivella et son Parti républicain brésilien (PRB), émanation de la puissante Eglise universelle du Royaume de Dieu, surfent sur l’ire des électeurs, dégoûtés par la corruption des partis traditionnels.

Mis en ligne le 1 novembre 2016 Imprimer Imprimer

Etonnant. Rio de Janeiro, la capitale mondiale du carnaval et de la sexualité décomplexée, vient de porter à sa mairie Marcelo Crivella, un sénateur pentecôtiste de 59 ans qui jadis taxait l’homosexualité de «mal terrible» et dénonçait les «doctrines démoniaques» de l’Eglise catholique.

Difficile de croire à une telle évolution au Brésil, pays qui compte le plus de catholiques au monde? Pas tant que ça. Le sénateur Marcelo Crivella et son Parti républicain brésilien (PRB), émanation de la puissante Eglise universelle du Royaume de Dieu, surfent sur l’ire des électeurs, dégoûtés par la corruption des partis traditionnels.

Mais surtout, les Eglises évangéliques – en particulier les pentecôtistes – sont en plein boom en Amérique latine, poussant le continent vers la droite morale. Descendants de la Réforme protestante, ils prônent cependant une lecture littérale de la Bible et des valeurs conservatrices: contre le féminisme, l’éducation sexuelle, l’avortement, le mariage gay, la légalisation de la marijuana…

Leur croissance est fulgurante. «Un Latino-Américain sur dix a grandi au sein d’une Eglise protestante mais près d’un sur cinq se décrit à ce jour comme protestant», indiquait en 2014 le Centre d’investigation Pew.

Leur influence politique est énorme. Les évangéliques dépassent les 30% de la population au Honduras, Guatemala, Nicaragua, Salvador et Porto Rico. Au Chili, ils représentent 17% des habitants et la présidente Bachelet, qui les courtise ouvertement, a institué une «Journée nationale des Eglises évangéliques» le 31 octobre. En Colombie, 10 des 48 millions d’habitants seraient évangéliques et auraient beaucoup contribué, le 2 octobre, au refus de l’accord de paix avec la guérilla des FARC. Au Brésil, il existe un «banc évangélique» au parlement et ses 80 élus ont contribué à la destitution de Dilma Rousseff. Et la vague n’est pas passagère. L’ancien président péruvien Alberto Fujimori fut élu en 1990 avec le soutien évangélique, au point de choisir le pasteur Carlos Garcia comme second vice-président.

Source : La Tribune de Genève

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