Trois questions à Jean-Frédéric Poisson

L’homme déchu a une immense attente, avec un sentiment vague que la réponse ne se trouve qu’auprès de Dieu. Cela, dans une société qui nous enseigne à avoir peur de Dieu : la France, on l’incite à se méfier d’un être dont les Français sentent pourtant qu’il est la réponse.

Mis en ligne le 13 juin 2017 Imprimer Imprimer

Que voudriez-vous que les chrétiens comprennent sur les politiques?
Les politiques sont des gens comme les autres, et ils ne sont pas comme les autres. D’un côté, nous sommes des représentants. Dans ce sens, nous sommes bien plus que des gens qui votons. La représentation c’est être présent lorsque les autres ne peuvent pas l’être. C’est une forme de magistère. Pour savoir comment va la France, il faut venir le mardi après-midi à l’Assemblée !
En même temps, nous sommes des hommes exactement comme les autres; on a les mêmes limites. Seuls ceux qui n’ont jamais exercé de mandat peuvent penser que la toute-puissance nous est donnée par grâce. Dans les faits, il n’y a pas de toute-puissance des élus. Il y a de fortes pressions, qu’on retrouve dans le monde économique. Notre magistère à nous, c’est le bien commun.

Comment les chrétiens peuvent-ils aider les politiques à exercer leurs responsabilités?
Comme nous sommes des hommes comme les autres, nous sommes intéressés, et comme représentants, et comme êtres humains, à entendre ce que les religions ont à dire, et à considérer ce que leurs adhérents croient et ce qu’ils veulent. Il ne faut surtout pas que ceux-ci amollissent ou tiédissent leur message, mais au contraire qu’ils le disent. Puisque les religions nous demandent d’être intègres, nous aussi, nous leur demandons d’être fidèles à leurs convictions et engagements.

Si l’on peut connaître l’état de la France en se rendant le mardi à l’Assemblée, alors comment va la France spirituellement?
Il y a à la fois une soif immense, qui est celle de la condition humaine, mais qui n’a pas de source identifiée pour l’étancher, et, donc, une très grande angoisse. L’homme déchu a une immense attente, avec un sentiment vague que la réponse ne se trouve qu’auprès de Dieu. Cela, dans une société qui nous enseigne à avoir peur de Dieu : la France, on l’incite à se méfier d’un être dont les Français sentent pourtant qu’il est la réponse.

Quant à ceux qui sont ici, à l’Assemblée, je dirais qu’il y a depuis 2012 davantage de croyants assumés parmi les députés. C’est le syndrome polonais : plus on a peur, plus on va à l’Eglise. C’est sans doute un bon réflexe !
Célia Evenson

Source : Christianisme Aujourd’hui

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