Synode national de l’EPUDF : bénédiction des couples homosexuels ?

L’Eglise protestante unie de France (EPUdF), qui regroupe luthériens et réformés, a réunit ce WE à Sète (Hérault) un synode national qui pourrait autoriser la bénédiction des couples homosexuels, ce qui constituerait une quasi-première dans le paysage religieux français.

Mis en ligne le 15 mai 2015 Imprimer Imprimer

Deux ans après l’adoption de la loi Taubira sur le mariage gay, 200 délégués de la principale Eglise protestante française sont réunis jusqu’à dimanche autour du thème «Bénir, témoins de l’Evangile dans l’accompagnement des personnes et des couples».
Dimanche matin, 105 votants doivent prendre une décision sur la bénédiction des couples homosexuels. S’ils suivent la synthèse rédigée par deux rapporteurs sur la foi de travaux menés au niveau régional, ils donneront aux 500 pasteurs de l’EPUdF la possibilité de procéder à ces bénédictions.
Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, mais les couples hétérosexuels unis en mairie peuvent être bénis au temple. En France, seule la Mission populaire évangélique (MPEF), une Eglise beaucoup plus petite que l’EPUdF, autorise un «geste liturgique d’accueil et de prière» pour les homosexuels.
Dimanche, l’EPUdF pourrait aussi décider de surseoir à statuer sur ce sujet sensible, comme l’a fait son Eglise soeur en Alsace-Moselle, l’UEPAL, en 2014.
La perspective d’une évolution, même laissée au libre-arbitre de chaque pasteur, divise la communion luthéro-réformée. Quelque 150 pasteurs et responsables locaux opposés au projet ont lancé un «appel» à ne pas statuer «dans la hâte de répondre à la pression de la société et l’évolution de ses moeurs», brandissant le risque de «profondes déchirures».
« Quelles que soient les décisions que le synode national prendra, il y aura des déceptions», a prévenu le président du conseil national de l’EPUdF, le pasteur Laurent Schlumberger, aujourd’hui en ouverture du synode. «Voilà donc une occasion d’exercer la fraternité qui nous est donnée, nous en avons la capacité », a-t-il poursuivi.
L’EPUdF, qui incarne le courant historique du protestantisme français, revendique 110.000 membres actifs parmi 400.000 personnes faisant appel à ses services.
Tout en se défendant d’être en concurrence avec une mouvance évangélique en forte croissance, elle parie désormais sur une démarche missionnaire pour «passer d’une Eglise de membres à une Eglise de témoins».
L’EPUdF accueille un nouveau pasteur chaque mois ce qui, compte tenu des départs à la retraite, lui permet de stabiliser leur nombre. Un tiers d’entre eux, et même 45% des nouveaux pasteurs, sont des femmes.
Source : DNA du 14/05/15
Lire aussi : 

Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail