Suisse : citer l’Ancien Testament à propos de l’homosexualité n’est pas condamnable

Pink Cross doit verser à l’évêque de Coire Vitus Huonder 1 200 CHF à titre de réparation pour tort subi. L’association faîtière des organisations gaies au niveau suisse avait déposé en septembre dernier une plainte pénale auprès du Ministère public grison contre le prélat. Celui-ci avait cité publiquement des versets de l’Ancien Testament qui condamnent à mort les homosexuels.

Mis en ligne le 30 mai 2016 Imprimer Imprimer

Vitus Huonder, évêque de Coire, ne sera pas poursuivi en justice pour ses déclarations sur l’homosexualité. Le Tribunal cantonal des Grisons a rejeté, le 20 mai 2016, le recours émis par Pink Cross contre le Ministère public, qui avait décidé en octobre de classer le dossier. L’association faîtière des organisations gaies au niveau suisse a été sommée par la justice de verser au prélat la somme de 1 200 CHF à titre de « réparation du tort subi » ainsi que les frais de justice, estimés à 1 500 CHF, à répartir entre trois plaignants.

Les plaintes contre le prélat grison pour incitation au crime ou à la violence selon l’article 259 du Code pénal sont donc définitivement classées. Le Ministère public avait estimé en octobre 2015 que les conditions n’étaient pas remplies pour un renvoi devant le tribunal ou une condamnation.

Déposition de plaintes 

C’est dans un exposé lors d’un rassemblement catholique le 31 juillet, à Fulda, en Allemagne, que Vitus Huonder avait cité deux passages du livre du Lévitique : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination » (Lévitique 18.22) et le verset : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux » (Lévitique 20.13). Deux textes qui affirment aussi que la condamnation à mort vaut tout autant pour les adultères, les incestueux, les zoophiles, les sacrificateurs d’enfants… Après le scandale médiatique, l’association Pink Cross et deux privés avaient déposé plainte contre le prélat.

Le Tribunal cantonal des Grisons justifie sa décision par le fait que l’on ne peut identifier dans les déclarations de Mgr Huonder, « une quelconque incitation implicite ou explicite à tuer des homosexuels ». L’instance a estimé que, d’après le contexte général de l’exposé du prélat et comme ce dernier l’a lui-même précisé, il se plaçait dans une perspective pastorale par rapport à des personnes à tendances homosexuelles, indique l’agence de presse cath.ch. Une quelconque acceptation par Mgr Huonder du meurtre d’homosexuels est, par rapport à cela, « inimaginable », selon le Tribunal cantonal.

Source : lafree.ch

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