Rentrée : les nouveaux facteurs de stress des élèves d’aujourd’hui

Influence des réseaux sociaux, recrudescence du cyber harcèlement, menace terroriste, sont autant de sources d’angoisse pour la jeune génération qui s’apprête à reprendre le chemin de l’école. Parce que l’univers scolaire s’est transformé au fil des années, la rentrée de nos enfants ne ressemble en rien à celles que nous avons connues il y a quelques décennies. Voici quelques pistes pour s’y préparer, et surtout, accompagner ses enfants.

Mis en ligne le 6 septembre 2018 Imprimer Imprimer

Vous souvenez-vous de vos préoccupations les jours de rentrée scolaire ? Il s’agissait de porter un pull Chevignon ou Lulu Castagnette au-dessus d’un pantalon Cimarron, d’avoir choisi son sac Eastpak de la bonne couleur et une trousse Poivre Blanc, d’arborer des Doc Martens bien cirées, coquées de préférence, et de camoufler sous une pointe de fond de teint des boutons trop voyants. Notre plus grande exigence technologique résidait dans un tamagotchi. Aujourd’hui, c’est l’IPhone 8. On priait pour être dans la même classe que sa meilleure amie, pour avoir au moins une journée dans la semaine où on commence à 9 heures, et pour ne pas tomber sur la prof de math qui nous terrorisait l’année passée.

Aujourd’hui, les enfants et adolescents sont confrontés à des problèmes autrement plus stressants et lourds de conséquences. D’où la nécessité de s’y préparer, d’instaurer un dialogue avec son enfant, et de lui offrir une présence attentive et bienveillante.

Les réseaux sociaux ou l’injonction de la perfection

Autrefois, les actrices de cinéma ou les mannequins qui défilaient sur les podiums étaient l’image même de la perfection physique, mais personne à l’école ne leur ressemblait. Aujourd’hui, par le biais de filtres, de maquillage ou de retouches numériques, les photos de certaines adolescentes postées sur Instagram semblent tirées tout droit des magazines féminins. Cela peut créer chez d’autres un vif sentiment d’inadéquation, d’infériorité, et se traduire par un véritable mal-être. La recherche de l’approbation sociale, de la perfection physique, de popularité, crée une émulation malsaine, qui peut devenir fatale si on n’incite pas son enfant à prendre un peu de recul.

Car arrivera bientôt le jour où votre enfant créera son profil Facebook, un compte Snapchat ou Instagram. Prévenez-le que les images ne reflètent pas la réalité. Elles ne sont qu’un instant t dans la vie de quelqu’un. Elles sont travaillées, retouchées. Ne sous-estimez pas les réseaux sociaux comme un banal passe-temps virtuel. Il ne s’agit pas de virtualité : les interactions sur les réseaux ont des conséquences dans la vie réelle. D’où la nécessité d’être attentif au comportement de son enfant, de rester vigilant sur le temps qu’il passe sur les réseaux, sur son degré d’addiction, sur les comptes sur lesquels il est inscrit. Posez-lui des questions, intéressez-vous à ce qu’il lit ou ce qu’il poste. Vous l’accompagnerez ainsi plus sûrement dans les méandres de la toile.

Le cyber-harcèlement ou la menace perpétuelle

De tout temps, il y a eu des intimidations, des insultes et des moqueries dans les établissements scolaires. Mais elles s’arrêtaient une fois que l’élève était rentré chez lui. Avec le cyber harcèlement, qui porte atteinte à la personne via le téléphone ou les réseaux sociaux, la pression devient permanente. Photos humiliantes, propagation de rumeurs, usurpation d’identité digitale, diffamation collective, menaces physiques, prises de contact insistantes, sexting, sont des moyens vicieux qui peuvent profondément détruire un élève, peut-être plus efficacement qu’un racket de rue ou un passage à tabac. Parce qu’ils durent dans le temps, prennent à partie la collectivité et n’offrent aucun répit à la victime, alors même qu’elle est enfermée à double tour dans sa chambre.

Parce qu’il a honte et ne veut pas en parler, un enfant n’ose pas toujours confier ses problèmes à ses parents. D’autant plus s’il considère que ses parents sont à des années lumières des outils numériques. Un des facteurs de solitude chez l’adolescent est que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la jeune génération possède un savoir et une maîtrise, en terme d’outils numériques, supérieurs à la génération qui est censée lui enseigner leur utilisation. La clé : se former, s’informer, utiliser les nouvelles technologies afin de comprendre ce à quoi est confronté son enfant et être un interlocuteur pertinent et crédible. Vous serez ainsi plus à même de détecter les prémisses d’un cyber harcèlement, et de réagir à temps. Parallèlement à cela, il convient d’être attentif aux signaux qui peuvent alerter : baisse des résultats scolaires, décrochage, maux de ventre ou de tête, perte de l’estime de soi, profond mal être…

Le terrorisme ou l’avènement d’un nouveau mode de vie

Il est loin le temps des alertes incendie prises à la légère ! Dès la maternelle, les enfants sont soumis à des exercices anti intrusion, au cas où un individu malintentionné pénètre dans l’établissement. Lorsque nous descendions gaiement les escaliers du collège, trop heureux d’échapper aux dernières minutes du cours de bio, les enfants d’aujourd’hui apprennent à se barricader dans les classes à l’aide des tables et des chaises, à se coucher à terre ou à s’échapper dans le silence le plus absolu.

Inutile de mentir à son enfant. En cas d’attentats, il est important d’aborder avec lui le terrorisme et les mesures prises dans les écoles pour s’y préparer. Si ce ne sont pas les parents qui s’en chargent, les copains d’école s’en donneront à cœur joie. Bernadette Lemoine et Véronique Lemoine-Cordier, psychologues et psychothérapeutes, engagent les parents « à donner aux enfants le sens du réel, tout en ménageant leur sensibilité et leur incapacité à comprendre des sujets larges et complexes. » Bien entendu, le discours diffère selon l’âge de l’enfant, mais dans tous les cas, « le fait de donner les grandes lignes, sans entrer dans les détails, va permettre aux enfants de poser des questions et aux parents de donner les réponses, si on leur demande des précisions. Il faut dire les choses en vérité, de façon globale et, selon les tempéraments et les intelligences, les questions viendront. »

Cela remet en cause toute une manière de vivre : continuer son existence tout en sachant qu’une tragédie peut advenir à un moment ou à un autre. Comment transmettre un minimum de sérénité à ses enfants dans de telles conditions ? Certes en éteignant la télévision, mais surtout en puisant dans l’espérance que Dieu nous donne en la vie éternelle. Bernadette Lemoine et Véronique Lemoine-Cordier donnent le la : « Le croyant se tient prêt ! En rayonnant l’amour, en continuant à faire confiance et en se rappelant que le but ultime est la vie éternelle, et non d’être dans son confort et sa tranquillité sur terre. »

Source : Aleteia

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