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Réalité et illégalité des « PMA clandestines » en France

De plus en plus de personnes homosexuelles ont recours à des techniques artisanales de PMA. Les lesbiennes ont ainsi recours à des « inséminations artisanales ». Des techniques qui placeraient les couples homosexuels et leurs enfants « dans une insécurité juridique ».

Mis en ligne le 17 mai 2016 Imprimer Imprimer

Alors que la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour les femmes homosexuelles est légale en Belgique et en Espagne, elle est interdite en France. Selon l’avocate Caroline Mecary, interrogée par Le Monde, « tout se passe sous le manteau », et une lesbienne interrogée reconnait que « de toute façon, il n’y a rien de légal ». Toute personne qui serait tenté « d’assister à des activités d’assistance médicale à la procréation »  risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Le code de la santé stipule que « l’insémination artificielle par sperme frais provenant d‘un don et le mélange de sperme sont interdits. »

L’enquête du Monde décrit sur plusieurs cas de « PMA artisanales et clandestines ».  Ainsi Stéphanie, une mère lesbienne, qui explique qu’elle « laissait un gobelet dans une chambre d’hôtel », que le donneur remplissait de son sperme, puis qu’elle « s’inséminait toute seule avec une pipette de doliprane. » Certains médecins sont consultés même pour réaliser ces PMA artisanales dans de bonnes conditions. Une étude publiée par la revue Socio-logos montre que 14% des mères homosexuelles ont déclaré qu’elles avaient eu recours à une technique de PMA artisanale.

Le Dr Pierre Jouannet, membre de l’Académie nationale de médecine, plaide : « toute proportions gardées, cette situation ressemble à celle de l’avortement il y a quarante ans. On interdit aux femmes d’accéder à un acte auquel elles ont recours de toute façon. »

Source : Généthique
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Ndlr. L’argument du Dr Jouannet, identique à celui entendu au moment du débat sur l’avortement, est révélateur de la manière dont certains, après avoir contourné la loi (voir ci-dessous), envisagent ensuite de faire évoluer la législation, d’abord en préparant les mentalités, puis en faisant pression sur le législateur.
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