Quand s’accomplissent les Écritures

Durant les années 1949 et 1950, arrivèrent en Israël près de 50 000 Juifs du Yémen grâce à un pont aérien qui partit d’Aden, l’opération s’appelait « sur les ailes de l’aigle ». Cette opération porte également le nom de « tapis volant ».

Mis en ligne le 26 septembre 2019 Imprimer Imprimer

Selon certaines sources, des Juifs vivaient au Yémen avant même la destruction du Premier Temple en 586 avant notre ère. La communauté s’est développée à l’époque des Macchabées et à la suite de la destruction du Second Temple en 70. Composés principalement de petites communautés vivant relativement isolées les unes des autres, les Juifs du Yémen ont maintenu des liens avec d’autres centres juifs du Moyen-Orient, y compris ceux situés en Terre d’Israël et même aussi loin qu’en Espagne.

Pendant des siècles, les Juifs du Yémen étaient convaincus que lorsque le prophète Ezra avait encouragé les Juifs à revenir d’exil en Israël pour reconstruire le Temple (environ 538 av. J.-C.), les Juifs du Yémen avaient refusé car ils croyaient que le nouveau temple serait de nouveau détruit et qu’ils seraient renvoyés en exil. Cela a contribué à créer une pratique autour de la croyance que le retour en Terre d’Israël dépendait de l’arrivée du Messie. Comme pour d’autres Juifs d’ailleurs dans le monde, cette croyance était un élément important de la pratique, des prières et des rituels juifs yéménites.

En 1872, l’Empire ottoman prit le contrôle de vastes régions du Yémen, y compris de Sanaa, qui comptait une importante population juive. La Palestine et le Yémen étant sous contrôle ottoman, il est devenu plus facile pour les Juifs du Yémen de s’installer sur la Terre d’Israël. Entre 1881 et 1917, environ 5 000 Juifs yéménites ont fait leur alya (immigration en Israël). Les voyages étaient, non seulement, devenus plus faciles, mais beaucoup avaient le sentiment qu’en s’installant en Terre d’Israël, ils accéléreraient la venue du Messie.
En 1922, de nouvelles restrictions visant à arrêter l’émigration juive du Yémen ont réduit le nombre de Juifs qui ont quitté le Yémen pour la Terre d’Israël.

À l’issue de la guerre d’Indépendance d’Israël en 1949, le Yémen a changé de politique officielle malgré les objections de la Ligue arabe. Les Juifs étaient désormais autorisés à quitter le pays à condition de vendre leur maison et leurs biens avant de partir. Alors que les rumeurs d’une opération israélienne visant à transporter par avion les Juifs du pays vers Israël se propageaient, des milliers de Juifs yéménites ont commencé à voyager vers la colonie britannique d’Aden. Les Juifs yéménites furent réunis dans un camp à côté de la ville d’Aden qu’ils appelèrent du nom de « Guéoula » (la délivrance). Dans ce camp arrivèrent des milliers de juifs de plusieurs communautés du Yémen. Pour arriver à ce campement ils durent emprunter ce chemin à pied ou à dos d’ânes ; ils furent attaqués durant le trajet par des brigands et molestés par les populations des villages avoisinants. Les quelques émissaires israéliens, délégués à l’alya arrivés sur place ne purent les aider.

C’est seulement lorsqu’ils arrivèrent à la ville d’Aden, qu’ils purent être pris en charge et transportés au camp « Guéoula ».
L’organisation de l’alya des Juifs du Yémen fut très compliquée car les organisateurs avaient très peu de renseignements sur le nombre de Juifs qui s’y trouvaient et ignoraient donc le nombre de convois nécessaires pour les emmener en Israël. Ils ignoraient également le nombre de personnes se trouvant dans le campement de « guéoula » et leur état de santé.

Il fallait aussi que cette opération reste secrète et ne fasse pas trop de bruit à l’extérieur, de peur que cela ne réveille l’opposition des pays hostiles aux alentours.

Dès 1949, ce furent des milliers de Juifs candidats à l’alya qui se trouvèrent au camp de guéoula. L’équipe médicale envoyée sur place rendit compte en Israël de la situation catastrophique et de l’état de santé déplorable de la population.
Le premier ministre de l’époque David Ben Gourion demanda aux responsables de cette opération d’accélérer le processus, et dès septembre 1949, 500 Juifs arrivèrent tous les jours en Israël. A la fin de l’année 1949, plus de 35 000 personnes avaient été acheminées, et les vagues d’arrivées continuèrent les mois suivant. Le dernier avion de cette opération « tapis volant » se posa en Israël, le 24 septembre 1950. Au total, les 50 000 nouveaux immigrants du Yémen constituaient la plus grande partie de l’ancienne communauté juive du Yémen.

Cette opération est également appelée « Opération sur les ailes de l’aigle », tirée du passage biblique du livre de l’Exode, (Ch.19, V4), « … je vous ai portés sur l’aile des aigles, je vous ai rapprochés de moi…

Source : Ambassade d’Israël en France


Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail