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Procréation sauvage non assistée

Aujourd’hui en France, dans l’illégalité la plus totale, des hommes offrent leur sperme à des couples homosexuels, hétérosexuels ou des femmes seules en mal d’enfant ». Sarah Dumont, journaliste, a enquêté sur ce « monde parallèle à celui de la procréation médicalement assistée ».

Mis en ligne le 28 septembre 2016 Imprimer Imprimer

Dans son livre « Super-géniteurs : enquête sur le don de sperme sauvage en France », Sarah Dumont parle de cette pratique « taboue » et rapporte le témoignage de donneurs et receveurs.

L’ « insémination artisanale par sperme frais » est punie de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Cependant pour contourner la loi qui ne leur autorise pas le recours à la PMA, de plus en plus de femmes célibataires ou homosexuelles ont recours à des « arrangements » avec des donneurs trouvés sur les réseaux sociaux : « les donneurs postent des annonces pour proposer leurs services, et les femmes font le portrait robot du donneur idéal ».

Parmi les donneurs, les motivations sont diverses : « altruisme », militantisme… Certains agissent aussi « pour soigner leurs propres troubles psychologiques » : « ce sont des donneurs compulsifs,explique la journaliste, ils ont un vrai problème à régler avec leur virilité, ils ont un désir de toute puissance ». D’autres enfin présentent des motivations moins nobles, et peuvent réclamer de l’argent en échange. Ils seraient « au moins une centaine » en France, et ont une descendance « qui peut compter jusqu’à 50 enfants ».

Les receveuses souhaitent pour leur part avoir un enfant à tout prix. N’ayant pas les moyens de se rendre à l’étranger, elles se tournent vers les donneurs. Quelques couples hétérosexuels, las des délais imposés par les banques de spermes ou « ne supportant plus les rendez-vous avec les psys », préfèrent aussi se tourner vers le don artisanal. Ils contournent ainsi l’obligation d’anonymat du don de sperme, car ils souhaitent « offrir à leur enfant la possibilité de savoir d’où il vient. Fini l’anonymat, la loi du ni vu ni connu : on veut dire à son enfant d’où il vient, qui est son géniteur et qu’il puisse éventuellement le rencontrer un jour ».

Sarah Dumont s’interroge enfin dans son livre sur l’avenir de ces enfants, leur réaction « par rapport au choix qui a été fait dans leur dos » : « un jour peut-être, ces enfants voudront aussi ‘punir’ leur père s’ils sont nés d’un multi-géniteur et qu’ils apprennent qu’il a fait 50 enfants ».

Source : Généthique
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