PMA pour toutes : 340 médecins se désolidarisent de la position du Conseil de l’Ordre

Ils demandent au Conseil de l’Ordre de publier dans les jours qui viennent un communiqué officiel désavouant cette première prise de position et revenant « à un discours strictement médical ».

Mis en ligne le 10 octobre 2018 Imprimer Imprimer

Dans une tribune du Figaro du 7 octobre, 340 médecins protestent contre la position de l’Ordre des médecins qui a déclaré ne pas être opposé à la légalisation de la ‘PMA pour toutes’. Ils regrettent que l’ « institution censée les représenter » n’ait pas consulté l’ensemble de la profession sur cette question, et demandent au Conseil de l’Ordre de publier dans les jours qui viennent un communiqué officiel désavouant cette première prise de position et revenant « à un discours strictement médical ».

Le docteur Jean-Marie Faroudja, auditionné par l’Assemblée nationale le 19 septembre au nom de l’Ordre des médecins, a en effet déclaré « ne pas être hostile à l’extension de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes », expliquant que l’Ordre « ne peut pas s’opposer » à une demande sociétale. Les 340 médecins signataires de la tribune souhaitent se désolidariser de cette position « contraire à la vocation de la médecine et au serment d’Hippocrate ».

Ils invoquent quatre raisons :

  • la « PMA pour toutes » n’est pas une indication médicale, « il est donc paradoxal pour ne pas dire antinomique que l’Ordre des médecins ne s’opposent pas à l’élargissement de la PMA ».
  • la « souffrance des femmes en désir de maternité (…) n’est pas un argument recevable » : il sous-entendrait que « les femmes souffriront moins ou ne souffriront plus lorsqu’elles auront un enfant », ce qu’ « aucune étude sérieuse » ne prouve.
  • « L’AMP avec donneur prive volontairement l’enfant de la relation structurante avec deux adultes de sexe différents » rappellent-ils en reprenant les mots de l’Académie de médecine en mai dernier. La ‘PMA pour toutes’ va à l’encontre du principe médical « primum non nocere », car « fabriquer des enfants sans père revient à leur nuire ».
  • Ne pas s’opposer  la ‘PMA pour toutes’ c’est encore « laisser la porte ouverte à tous les abus : qui pourra s’opposer demain aux demandes de couples hétérosexuels qui voudront un bébé parfait et se tourneront vers le corps médical pour répondre à leur attente au nom de l’égalité ? ». En outre « ouvrir la PMA non médicale aux femmes en bonne santé, c’est ouvrir le marché du corps humain ».

Source : Généthique


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