Opposés à la « PMA pour toutes », 1 600 médecins interpellent le Conseil de l’Ordre

Pour eux, la « PMA pour toutes » est dangereuse pour l’avenir des enfants ainsi conçus. « Si jamais on aide des femmes seules ou en couple lesbien à avoir des enfants, on supprime de facto la présence du père. Il n’y aura plus de père ! On crée des orphelins, et des orphelins qui n’auront plus de lien généalogique puisque les donneurs de sperme sont anonymes.

Mis en ligne le 21 juin 2018 Imprimer Imprimer

« On est là avant tout pour soigner les malades, soulager la souffrance, éventuellement prévenir les maladies. En-dehors de ces rôles-là, nous n’avons rien à faire », affirme le Dr Raphaël Nogier, médecin généraliste à Lyon et co-signataire du manifeste que 1600 médecins ont envoyé au Conseil de l’Ordre des médecins pour faire part de leur opposition à la « PMA pour toutes ».

« Ce manifeste a tout simplement pour but de rappeler le rôle de la médecine. Avec la PMA pour toutes, pour les femmes seules ou en couple lesbien, on nous demande d’inséminer et de faire un acte médical alors que ces femmes sont en parfaite santé. On sort donc totalement de notre rôle, qui est de restaurer des fonctions qui sont atteintes. Une femme qui a 30 ans et un système gynécologique en bonne santé peut avoir un enfant dans des conditions normales. Pourquoi demander alors aux médecins d’intervenir ? Il faut que la médecine soit respectée, pas instrumentalisée. Le rôle du médecin est très particulier, on n’est pas aux ordres de l’État mais aux ordres des malades avant tout », ajoute-t-il.

Selon lui, la « PMA pour toutes » est dangereuse pour l’avenir des enfants ainsi conçus. « Si jamais on aide des femmes seules ou en couple lesbien à avoir des enfants, on supprime de facto la présence du père. Il n’y aura plus de père ! On crée des orphelins, et des orphelins qui n’auront plus de lien généalogique puisque les donneurs de sperme sont anonymes. L’argument de ceux qui veulent ouvrir la PMA aux femmes seules est de répondre au désir d’enfants de ces femmes. Mais un jour ou l’autre, toute une génération d’enfants dira être en désir de père. C’est quelque chose qui peut être dramatique ».

Pour aller plus loin : Le manifeste des médecins


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