Partager :

">

Partager :

" />

ONU : Échec de la résolution palestinienne pour la reconnaissance d’un État

Pour le Canada, la résolution qui a été soumise au Conseil de Sécurité le 29 décembre n’est qu’une tentative de plus de contourner les négociations et d’imposer des conditions préalables aux discussions futures.

Mis en ligne le 2 janvier 2015 Imprimer Imprimer

La résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël a été rejetée par le Conseil de sécurité de l’ONU. La France, la Chine et la Russie ont voté pour alors que l’Australie et les Etats-Unis s’y sont opposés.

Cette résolution a obtenu 8 voix pour, deux voix contre et cinq abstentions, alors qu’elle devait réunir 9 voix, sur les 15 du Conseil, pour être adoptée. L’Australie et les Etats-Unis, proches alliés d’Israël, ont voté contre, tandis que la France, la Chine, la Russie, l’Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie et le Luxembourg ont apporté leur soutien à la résolution. Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont pour leur part abstenus.

Ce texte prévoyait notamment un accord de paix d’ici douze mois et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017. Des modifications y avaient été apportées lundi. Les amendements prévoyaient Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d’un État palestinien, alors que la première mouture présentée le 17 décembre proposait de faire de la ville une capitale commune aux Israéliens et aux Palestiniens.

Cette nouvelle version très belliqueuse à l’égard d’Israël mentionnait également le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l’arrêt de la « colonisation israélienne » et rappelait le caractère « illégal du mur de séparation ».

Opposition des Etats-Unis

« Cette résolution encourage les divisions et non un compromis », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power, ajoutant : « Ce texte n’évoque les inquiétudes que d’une seule partie. »  Jeffrey Rathke, porte-parole du département d’État américain avait expliqué dès lundi que la résolution posait notamment « des délais arbitraires à un succès des négociations de paix et au retrait d’Israël de Cisjordanie ». Selon lui, « le risque est plus grand que les négociations soient entravées qu’elles ne soient couronnées de succès ».

La France a soutenu le texte « poussée par l’urgence à agir », a affirmé devant le Conseil son ambassadeur François Delattre, exprimant sa déception que les efforts pour négocier un texte susceptible de faire consensus aient échoué. « Mais nos efforts ne doivent pas s’arrêter là. Notre responsabilité est d’essayer encore. Avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il ajouté.

L’enjeu du vote de la résolution présentée par la Jordanie au nom de Mahmoud Abbas devant les Conseil de sécurité de l’ONU était clair:

  • D’abord, obtenir une victoire diplomatique écrasante sur Israël et humiliante pour l’État juif dépeint comme un occupant et un colonisateur ;
  • En second, ne pas être contraint de négocier et de signer un arrangement territorial et politique susceptible de consacrer directement ou indirectement la légitimité d’Israël, un pouvoir non musulman sur les terres de l’ancienne Palestine;
  • En troisième, refuser de  mettre un terme définitif au conflit israélo-palestinien et laisser le champ libre à de nouvelles revendications et de nouveaux combats jusqu’à l’extinction de l’ennemi sioniste, en vertu de la vieille doctrine de la destruction d’Israël par étapes;
  • Enfin, obliger les États-Unis à prendre parti par un veto et compliquer un peu plus leurs relations avec un monde arabe en proie au chaos.

Par la voix de son ministre des affaires étrangères John Baird , le Canada avait très bien exprimé l’enjeu du vote: « Le Canada pense que fondamentalement, la création d’un État palestinien ne peut être que le produit d’une négociation avec l’État d’Israël. Nous avons rejeté depuis longtemps les actions unilatérales d’une des parties car nous croyons qu’elles n’aident pas la cause de la paix… La résolution qui a été soumise au Conseil de Sécurité le 29 décembre n’est qu’une tentative de plus de contourner les négociations et d’imposer des conditions préalables aux discussions futures… Le Canada appelle donc les membres du Conseil de sécurité à rejeter cette résolution et à user de leur influence pour presser les deux parties de négocier sans conditions préalables. »

C’est l’abstention du Nigéria, obtenue au dernier moment par Benjamin Netanyahou, qui a empêché la résolution de réunir les 9 votes du Conseil de sécurité. Elle aurait contraint les États-Unis à mettre leur veto comme ils l’avaient clairement annoncé. (…)

Source : Europe Israël du 31/12/14

Lire également : « 800 maisons palestiniennes démolies par l’Egypte« 


Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail