Partager :

">

Partager :

" />

Multiplication des agressions de réfugiés chrétiens en Allemagne

Un rapport de la branche allemande de l’ONG évangélique Portes Ouvertes affirme qu’au moins 743 migrants chrétiens ont été victimes d’agressions à caractère religieux entre février et septembre 2016 dans des camps allemands.

Mis en ligne le 28 octobre 2016 Imprimer Imprimer

« Nous avons sous-estimé le rôle de la religion », confiait le ministre de l’intérieur allemand Thomas de Maizières le 20 septembre dernier lors d’une conférence à Berlin au sujet de l’accueil des migrants. C’est à ce constat qu’invite également le nouveau rapport de la branche allemande de l’ONG évangélique Portes Ouvertes, qui alerte sur les attaques violentes dont seraient victimes les minorités religieuses, notamment chrétiennes et yazidis, dans les camps de réfugiés en Allemagne.

Selon ce rapport, fruit de centaines d’entretiens menés auprès de réfugiés dans toute l’Allemagne entre mai et septembre et publié le 17 octobre, 743 réfugiés chrétiens ont signalé des attaques à motif religieux, ainsi que 10 Yazidis. Un premier rapport avait été publié en mai recensant 231 attaques documentées entre février et avril. « Ce deuxième rapport n’est que le sommet de l’iceberg du nombre d’attaques à motivations religieuses contre des réfugiés chrétiens. On doit avoir à l’esprit qu’il y a un grand nombre de cas non signalés.» précise l’ONG, spécialisée dans le combat contre la persécution des chrétiens dans le monde.

Les mêmes réfugiés ont fait l’objet de multiples agressions. Ainsi, 617 (83 %) ont fait état d’agressions multiples, 314 (42 %) de menaces de mort, 416 (56 %) d’agressions physiques, 44 (6 %) d’agressions sexuelles. 91 % des attaques ont été commises par d’autres réfugiés, 28 % par des agents de sécurité et 34 % par d’autres personnes. « Ce qui rend la situation encore plus difficile », écrivent les auteurs du rapport, « c’est que beaucoup de réfugiés avaient déjà des expériences négatives avec les autorités et la police dans leur pays d’origine à cause de leur foi. Ils sont habitués à être traités comme des citoyens de seconde zone, et maintenant ils se rendent compte qu’on ne les protège pas en Allemagne.» Ainsi ce réfugié chrétien iranien, qui témoigne dans l’enquête : « J’étais choqué ! Que ce genre de chose arrive en Iran, soit, mais je n’aurais jamais pensé vivre cela en Allemagne. Cela a ébranlé ma confiance.»

Vers une séparation dans les centres d’accueil ?

« Ils mettent en permanence des prières islamiques très bruyantes et des versets du Coran sur leurs portables. En plus, ils m’envoient des enfants pour me demander : « Pourquoi es-tu chrétienne, pourquoi ne couvres-tu pas tes cheveux  » » témoigne une chrétienne syrienne. Ou encore cet homme, venu d’Irak : « Les musulmans de mon foyer ont découvert que j’étais chrétien parce que je lisais la Bible. J’ai reçu des menaces de mort. Ils voulaient me convertir à l’islam. Personne n’a rien pu faire pour moi, j’ai dû changer de logement.»

L’association déplore la vision relative du phénomène par les autorités allemandes, qui évoquent des «cas isolés» et préfèrent traiter la question au cas par cas. Fin août, La Croix évoquait déjà ce sujet des persécutions de réfugiés chrétiens.

L’ONG se défend de tout agenda politique ou volonté de stigmatiser les musulmans. « Certains ont attiré l’attention sur le fait que ce genre de publication pourrait nourrir les conflits religieux et la xénophobie.» écrivent les auteurs. « Nous croyons que la banalisation, la dissimulation, ou le détournement de cette injustice, pour des motifs politiques ou autres, donnerait un encouragement pour leurs auteurs et augmenterait la souffrance des victimes

Portes Ouvertes évoque plusieurs pistes pour résoudre le problème : sensibiliser le personnel qui gère les sites d’accueil des réfugiés, inclure une mention explicite sur l’égalité et le traitement égal des religions dans les brochures « Welcome to germany » qui sont distribuées aux migrants, favoriser la remontée des plaintes… La séparation des migrants selon la religion pourrait-elle être une solution ? Les autorités allemandes la refusent par principe, préférant faire du cas par cas. Les Églises catholiques et protestantes du pays ont affirmé dans un communiqué fin juillet leur refus d’une séparation, sauf en cas de violence avérée « Oui, il faut dire clairement les choses : l’idéal d’une coexistence pacifique entre des gens de milieux différents ne doit pas conduire certains demandeurs d’asile ou groupes spécifiques de réfugiés à être exposé à des attaques. Si la protection de minorités ne peut être garantie dans un centre, le logement séparé peut être une solution appropriée.»

Selon le secrétariat d’état allemand aux migrations et aux réfugiés, en 2015, 73.1 % des demandes d’asile émanaient de musulmans, 13.8% de Chrétiens, et 4.2 % de Yazidis.

Source : lefigaro.fr

____________________________________

Sur le même thème :

 


Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail