Marlène Schiappa s’explique sur la laïcité et les religions

La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes revient sur des propos polémiques qu’elle a tenus dans une vidéo de la fondation Jean-Jaurès.

Mis en ligne le 19 juin 2017 Imprimer Imprimer

La nomination au gouvernement de Marlène Schiappa comme secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes s’est accompagnée de quelques remous. Une vidéo, abondamment relayée par les réseaux sociaux, a provoqué de nombreuses réactions critiques de la part notamment de catholiques.

Mise en ligne par la Fondation Jean Jaurès, un think tank proche du parti socialiste, on y voit celle qui n’est, à l’époque, pas encore secrétaire d’État, défendre une vision bien particulière de la laïcité et tirer à boulets rouges sur les religions.

« Les religieux savent s’unir entre eux et s’entendre pour construire l’oppression du corps des femmes », commence Marlène Schiappa avant de poursuivre : « On oppose au droit à l’IVG des femmes le pseudo-droit à la vie. On dit souvent que le féminisme a réussi à s’émanciper du joug religieux et de l’Église catholique et qu’il a affaire avec une forme d’islam politique. Je pense que nous sommes encore sous le joug des religions. »

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Un compte-rendu de débat, extrait de son contexte, selon Marlène Schiappa

Elle épingle ensuite « les nombreuses infractions faites à la loi de 1905 »dont, entre autres, les élus qui se rendent « en cette qualité » à des cérémonies religieuses ou la diffusion de l’émission Le jour du Seigneur sur France Télévisions.

Souhaitant mettre un terme à toute confusion, Marlène Schiappa revient sur ces propos. « Je n’ai jamais demandé l’interdiction du Jour du Seigneur à la télévision, je n’ai d’ailleurs pas vocation à exprimer la position du gouvernement sur cette question », explique-t-elle à La Croix. La conseillère municipale du Mans qui se dit attachée à la séparation de l’Église et de l’État se définit à titre personnel comme venant « d’une famille et belle-famille méditerranéennes catholiques, qui a une crèche de Noël chez elle et célèbre les grandes fêtes religieuses en famille ».

« Dans la vidéo en question, de la Fondation Jean Jaurès, je faisais le compte rendu oral de débats auxquels ont participé plusieurs intervenants dont l’ancienne députée Catherine Coutelle, la ministre de la famille d’alors Laurence Rossignol, l’écrivaine Martine Storti ou encore la journaliste Valérie Toranian », explique Marlène Schiappa.

Le point de vue exprimé aurait donc été le compte-rendu de débats dont elle se serait fait le porte-voix. C’est isolé de ce contexte qu’il aurait ensuite été diffusé sur les réseaux sociaux.

De son côté, la Fondation Jean-Jaurès n’a pas souhaité prendre position dans ce débat.
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Des échanges virulents avec Alain Finkielkraut

Cette vidéo a créé un tollé sur la toile, notamment dans les milieux catholiques. Elle a aussi donné lieu à des échanges virulents entre Marlène Schiappa et le philosophe Alain Finkielkraut. Celui-ci a affirmé avoir « souffert le martyre » en l’entendant parler de laïcité et estimé qu’elle « s’en prenait avec une violence inouïe à la misogynie » des religions catholique et juive, « sans un mot sur l’islam ». Il citait aussi des écrits de 2014 où cette « militante de la laïcité » regrettait maladroitement que des mères voilées soient interdites de sorties scolaires.

« Vous brodez sur du mensonge », lui avait alors répondu Marlène Schiappa quelques jours plus tard dans un courrier, lui reprochant d’avoir choisi comme cible « la benjamine du gouvernement (…), venant de quartiers populaires, non-diplômée d’une grande école, femme, de gauche, féministe de surcroît ».
Emmanuelle Lucas

Source : La Croix
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