Loi bioéthique : c’est non, encore et toujours

60 manifestations ont eu lieu ce week-end dans toute la France, réunissant plusieurs dizaines de milliers de manifestants. « Génome modifié : humanité en danger », « Expérimenter sur l’humain : cauchemars pour demain », « Nous voulons un monde meilleur, pas le meilleur des mondes »

Mis en ligne le 1 février 2021 Imprimer Imprimer

Alors que la loi de bioéthique revient en deuxième lecture au Sénat dès demain, avec seulement 174 amendements déposés par les sénateurs, 60 manifestations ont eu lieu ce week-end dans toute la France, réunissant plusieurs dizaines de milliers de manifestants. « Génome modifié : humanité en danger », « Expérimenter sur l’humain : cauchemars pour demain », « Nous voulons un monde meilleur, pas le meilleur des mondes » : les slogans ont rappelé que les transgressions du projet de loi de bioéthique ne se limitent pas au fait de détacher la procréation médicalement assistée de toute considération médicale. Loin s’en faut (cf. Loi de bioéthique : le vivant, un « cobaye légal » ?).

« À lire ce projet de loi, on croirait que les médecins n’ont pas d’autres urgences, que notre système hospitalier ne manque d’aucuns moyens et que le déficit de la sécurité sociale n’est pas abyssal ! », s’insurge la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, dans une tribune pour le journal Le Figaro [1]. Selon elle, « les députés mettent en place de facto avec ces mesures un droit à l’enfant pour les femmes, lourd de conséquences pour toute la société ». Et « la création d’embryons transgéniques, c’est-à-dire d’embryons humains génétiquement modifiés, serait aussi légalisée, tout comme celle d’embryons animal-homme, ce que l’on appelle des « chimères«  », rappelle-t-elle. « On constate, une fois de plus, la contradiction radicale de l’exécutif, qui s’affiche « vert« , mais voudrait que nos scientifiques puissent toucher au génome humain et passer la barrière des espèces. Quant au principe de précaution, l’Exécutif prétend qu’il ne concerne que l’environnement, ce qui est inexact : constitutionnellement, il concerne aussi la santé humaine », souligne Ludovine de la Rochère. Elle dénonce un texte qui « dessine un monde peu accueillant pour l’être humain demain ».

Alors que le calendrier semble imperturbable en dépit du contexte de crise sanitaire (cf. Loi de bioéthique au Sénat : les institutions en panne) et que la parole du Sénat semble de moins en moins audible (cf. Le péril institutionnel), les manifestants rassemblés devant le ministère des Solidarités et de la Santé ont appelé à un sursaut, au slogan de : « Sénateur, c’est ton heure ». La semaine qui s’ouvre nous dira s’ils ont été entendus.

Source : Généthique

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