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Liberté religieuse : l’Union Européenne pressée d’agir

Un rapport publié par un groupe d’Eurodéputés demande à l’Union Européenne de faire mieux concernant la liberté religieuse.

Mis en ligne le 29 juillet 2015 Imprimer Imprimer

C’est une des priorités de Federica Mogherini. En effet, en octobre 2014, le nouveau Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, avait déclaré que « défendre le droit à la liberté religieuse et de croyance » était l’une de ses 3 priorités dans le domaine des droits de l’homme.

1. Des violations de plus en plus fréquentes
Cependant, selon un récent rapport (1) publié par l’Intergroupe du Parlement européen sur la liberté de religion et de conviction et sur la tolérance religieuse (2) paru le 3 juin dernier (photo), les institutions européennes ne se mobilisent pas assez pour défendre l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

« Malheureusement, nous ne pouvons que constater que les violations du droit à la liberté religieuse et de croyance sont de plus en plus graves et de plus en plus fréquentes » a déclaré Dennis De Jong, député européen, co-auteur du rapport et co-président de l’Intergroupe, lors de la sortie du rapport à Bruxelles.
« Nous souhaitons faire la lumière sur les violations de ce droit fondamental et défendre les millions de personnes qui sont maltraitées, discriminées, persécutées voire assassinées à cause de leurs convictions » a ajouté l’eurodéputé Peter Van Dalen, également co-auteur et co-président.
Le rapport indique par exemple que « les recommandations en terme de liberté religieuse et de croyance sont loin d’être prises en compte par le service européen pour l’action extérieure, les diplomates des Etats membres, au siège et dans les délégations.
Lors de discussions et de réunions avec des représentants du service extérieur et des représentants des pays membres, on constate que les recommandations européennes ne sont pas toujours prises en compte et appliquées sur le terrain. »

2. Quatre recommandations à l’attention des Institutions européennes
En ce qui concerne spécifiquement le fonctionnement des Institutions européennes concernant la liberté de religion, le rapport préconise :
– De former d’avantage les décideurs politiques européens et les diplomates sur la question du droit à la liberté religieuse et de croyance (l’Intergroupe recommande que, parmi les délégations européennes dans des pays à risque, un membre au moins de la délégation soit obligé de suivre cette formation).
– D’appliquer les recommandations européennes sur la liberté religieuse et de croyance et de « presser tous les pays qui n’ont pas encore accepté la visite du rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté religieuse et de croyance de le faire dans un avenir proche. »
– De développer plus de cohésion au niveau politique. « Le respect du droit à la liberté religieuse et de croyance doit être systématiquement contrôlé… avant que l’Union européenne ne décide de conclure de nouveaux accords bilatéraux de commerce et d’investissement. »
– Un engagement des décideurs politiques et des responsables religieux : « Les responsables religieux modérés sont souvent les mieux placés pour mener des processus sincères de réconciliation dans des pays ou des régions déchirés par des conflits religieux. De plus, les responsables religieux peuvent jouer un rôle important pour prévenir la radicalisation. »

3. Dix pays en ligne de mire
Le rapport donne des recommandations spécifiques sur 10 pays et demande à l’Union Européenne d’agir en conséquence. Ces dix pays font partie de l’Index Mondial de Persécution 2015 (3) , un classement des 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés.

4. Le cas des Etats en déliquescence
La Syrie, l’Irak, le Yémen, la Libye et la Somalie sont considérés comme des Etats en déliquescence. Le rapport souligne la difficulté de protéger et défendre la liberté religieuse dans un tel contexte : « Dans les Etats en déliquescence, la vie quotidienne est déterminée par des chefs de guerre, des groupes comme l’organisation Etat Islamique, et beaucoup d’autres groupes armés. Il n’y a plus de gouvernement central, ou, quand il existe, celui-ci a une influence limitée voire inexistante. Tous les jours, les minorités chrétiennes craignent pour leur vie, quand ils se réunissent, la menace est constante. »
« L’union Européenne et d’autres institutions, au mieux, ne peuvent proposer leur aide que de temps en temps. Ceci dit, il est probable que les Etats en déliquescence soient de plus en plus nombreux, que l’on doive faire face à de plus en plus d’instabilité, de menaces à la paix et à la liberté religieuse et de croyance. De nombreuses régions du monde vivent des temps troublés et cette tendance ne fait que se renforcer. »

(1) European Parliament Intergroup on Freedom of Religion or Belief and Religious Tolerance , Juin 2015, www.religiousfreedom.eu/file/2015/06/2014-Intergroup-Report-FINAL.pdf
(2) L’Intergroupe se décrit comme un ensemble de députés de même sensibilité, mobilisés pour s’assurer que l’UE, dans son action extérieure, promeut et protège le droit à la liberté religieuse et de croyance. Présentation du rapport sur la liberté religieuse à Bruxelles (3 juin 2015) © European Parliament Intergroup
(3) L’Index Mondial de Persécution existe depuis 1997. Il est constitué et publié chaque année par l’ONG Portes Ouvertes. www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens

Source : Portes Ouvertes

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Index persécution 2015


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