Liberté de conscience, liberté d’expression, le CNEF à l’ONU

Lundi 15 janvier, au Palais des Nations à Genève, la France a fait l’objet de l’examen périodique universel de l’ONU, sous l’égide du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Cet examen permet d’évaluer le respect des conventions internationales sur les droits humains par les États qui y dressent le bilan de leurs actions en faveur des droits de l’homme. Les autres États adressent aussi leurs recommandations à l’État examiné pour l’amélioration de sa pratique.

Mis en ligne le 16 janvier 2018 Imprimer Imprimer

Acteurs de la société civil, particulièrement vigilant en matière de respect de la liberté religieuse et de la liberté d’expression, le Cnef (Conseil National des Évangéliques de France) avait déposé au Conseil des Droits de l’Homme un rapport alternatif en juin 2017. Au cœur des débats, les thèmes liés à la question de la liberté de culte et de la discrimination des communautés religieuses en France démontrent qu’il existe un défi dans l’application de la laïcité en France, qui conduit parfois à un message ambigu sur la place de l’exercice de cette liberté dans l’espace public et sur le lieu de travail.

Le Cnef souhaite saluer l’engagement de la France en matière de respect des droits de l’homme et l’encourager à garantir un exercice plein et entier de la liberté de pensée, de la liberté de conscience et de religion et de la liberté  d’expression de tous pour faire vivre le pluralisme nécessaire à la démocratie et la cohésion sociale.

L’État français se prononcera dans les semaines à venir sur chacune des recommandations qui lui ont été faites par les autres Etats. Certaines d’entre elles relaient les interpellations du Cnef (détails ci-dessous et dans le rapport du Cnef).

La question de la discrimination envers les personnes appartenant à une minorité religieuse a ainsi fait l’objet de nombreux commentaires et recommandations, à l’image d’une recommandation faite par les USA demandant la mise sur pied d’un plan complet de lutte contre toutes les formes de discriminations religieuses. De nombreux états, principalement musulmans mais pas seulement, ont demandé à la France de combattre les actes et les discours de haine visant les membres d’une communauté religieuse. Sur ce sujet, le Cnef avait recommandé, dans son rapport, que le mandat de la Délégation Interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT soit étendu pour inclure aussi la haine anti-religieuse.

Autre sujet abordé par le Cnef et repris dans les débats : la question de la manifestation des convictions religieuses sur le lieu de travail. La question de l’objection de conscience des maires et des soignants également importante aux yeux du Cnef, n’a en revanche pas été retenue. Le traitement des migrants a aussi fait l’objet de nombreuses remarques. Le Cnef avait insisté sur la nécessaire protection de la liberté religieuse des migrants et des demandeurs d’asile, notamment pour ceux qui ont fui la persécution et se retrouvent dans les centres d’accueil.

S’agissant de la liberté d’expression, plusieurs États ont relevé la nécessité d’une meilleure protection à cet égard, notamment s’agissant de la lutte contre les discours haineux et la mise en place d’une culture du respect mutuel ou de la tolérance, en particulier religieuse.  Dans sa réponse sur ces sujets, l’Ambassadeur français pour les droits de l’Homme, M. François Croquette a rappelé l’attachement de la France à la laïcité, « fondement du contrat républicain ». Celle-ci n’induirait « ni hostilité ni ignorance envers les religions, mais au contraire, la garantie de la liberté de culte pour tous ».

Source : Communiqué du CNEF du 15 janvier 2018

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