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L’euthanasie s’insinue progressivement dans les esprits

Avec le vote de la nouvelle loi sur l’euthanasie, Damien Le Guay, philosophe, président du Comité national d’éthique du funéraire, membre du comité scientifique de la SFAP[1] et enseignant à l’espace éthique de l’AP-HP « déplore une instauration progressive de l’euthanasie dans les esprits »

Mis en ligne le 8 février 2016 Imprimer Imprimer

Pour comprendre les changements apportés par la nouvelle loi, lire le « Décodeur n° 45 – La loi du 2 février 2016 sur la fin de vie »

« D’une certaine manière, à force de lassitudes et de petits renoncements, on doit constater, tout en regrettant, qu’après quatre ans de débats, un certain consentement euthanasique s’est installé dans les esprits » écrit-il. Ce consentement « est désormais un peu partout présent » :

  • Consentement médiatique : Damien Le Guay dénonce « de nombreuses émissions jamais équitables, rarement contradictoires, toujours pro-euthanasie » et des médias acquis à la cause de Monsieur Romero, président de l’ADMD[2].
  • Consentement législatif : le principe de « sédation profonde et continue » inscrit dans la loi « est une sorte de philosophie d’interruption préalable de la conscience, une manière d’absenter une personne avant sa mort »« une antichambre sédative pré-mortuaire ». Avec ce « nouveau droit », « des outils euthanasiques seront entre les mains des médecins. Avec bonne conscience, ils ne s’en serviront pas d’eux-mêmes mais répondront, non sans hypocrisie, aux sollicitations comminatoires du malade ».
  • Consentement « déjà présent dans les hôpitaux », où les médecins ont de plus en plus de mal à s’opposer « aux demandes pressantes de mise en œuvre de ce droit sédatif » et doivent, de ce fait, faire face à « des situations inextricables ».

En outre,  « tout ce qui est donné au consentement euthanasique réduit l’espace d’un authentique accompagnement palliatif ».

[1] Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs.
[2] Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.

Sources :


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