L’Église anglicane d’Angleterre favorable à une liturgie pour les personnes transsexuelles

Il y a un mois, le synode général de l’Église anglicane d’Angleterre a adopté une résolution sur l’accueil des personnes transsexuelles. Elle demande aux évêques anglicans d’envisager une liturgie adaptée. Cette résolution pourrait raviver les tensions au sein de la Communion anglicane, qui regroupe 85 millions de fidèles dans 165 pays.

Mis en ligne le 8 août 2017 Imprimer Imprimer

L’Église anglicane d’Angleterre a officiellement reconnu « le besoin pour les personnes transgenres d’être accueillies et soutenues dans leur église paroissiale ». Son synode général, qui se réunissait du 7 au 11 juillet 2017 à York, au nord de l’Angleterre, a appelé les évêques à « examiner si des liturgies nationales recommandées peuvent être préparées pour marquer la transition de genre d’une personne ». La décision, prise à une large majorité, n’a cependant pas été unanime.

« Les personnes transsexuelles sont chéries et aimées de Dieu »

« J’espère que nous ferons une déclaration forte pour dire que nous croyons que les personnes transsexuelles sont chéries et aimées de Dieu, qui les a créées, et est présent à travers tous les tournants et virages de leurs vies », a insisté Christopher Newlands, le prêtre anglican originaire du diocèse de Blackburn (nord de l’Angleterre) qui a porté cette résolution, dès l’ouverture du débat. « Nous devons être en phase avec l’évolution de la psychiatrie et de la médecine. De plus, la loi reconnaît le changement de sexe. C’est une réalité sociale que nous devons accepter », a-t-il ajouté.

Le Dr John Inge, évêque de Worcester, est allé dans le même sens en déclarant ensuite que « notre réponse doit être l’amour, l’ouverture et l’accueil. L’adoption de cette motion en serait un très important facteur ».

Un amendement rejeté

Avant le synode, certains évêques, opposés à l’adoption d’une telle résolution, avaient estimé que ce changement était « une fiction ». Car Dieu a créé les humains « homme et femme » et le fait de changer d’apparence physique ne change pas l’identité fondamentale qui vient de Dieu, ont-ils dit en substance.

La veille, samedi 8 juillet, le synode général de l’Église d’Angleterre avait par ailleurs soutenu une résolution appelant à une interdiction de la pratique de la thérapie de conversion qui vise à changer l’orientation sexuelle.

Des tensions anciennes au sein de la Communion anglicane

La résolution sur l’accueil des personnes transsexuelles pourrait raviver les tensions au sein de la Communion anglicane, qui regroupe 85 millions de fidèles dans 165 pays.

Composée de 38 provinces en communion avec l’archevêque de Cantorbéry, elle est divisée sur la question de l’homosexualité. « Cette résolution pourrait être interprétée comme un changement d’humeur au sein du synode général anglais, et plus particulièrement au sein de l’épiscopat, qui pourrait éventuellement déboucher sur une attitude plus ouverte envers les personnes homosexuelles », commente Rémy Bethmont, professeur d’histoire et de civilisation britannique à l’Université Paris 8. Jusqu’à présent, la majorité des évêques anglais étaient opposés à la célébration de mariages de personnes de même sexe.

« En soi, la mesure sur les trans est relativement peu controversée mais, dans le contexte de politique ecclésiastique anglicane, l’association avec le mariage homosexuel pourrait conduire à un certain nombre de tensions, poursuit Rémy Bethmont. Les provinces les plus conservatrices, en particulier en Afrique, trouvent déjà que l’Église d’Angleterre s’est trop éloignée de l’orthodoxie. » La question est d’autant plus sensible que l’Église d’Angleterre a confié à un groupe de travail le soin d’examiner l’enseignement de l’Église sur le mariage. Les experts devraient publier leur rapport au plus tôt en 2020.

Source : La Croix

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