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Le Jour où mon robot m’aimera

Le jour où nous en arriverons à croire que notre robot est capable d’amour, nous serons en danger. Il ne nous aimera pas, mais nous, nous finirons par l’aimer. Nous avons envie d’être bernés, ce qui nous rend vulnérables.

Mis en ligne le 14 novembre 2016 Imprimer Imprimer

Au Japon, le robot « Pepper » est en vente depuis l’an dernier pour 10 000 euros environ. En quinze mois, plus de 3 000 entreprises et 7 000 particuliers ont acheté un « Pepper ». Actuellement, le robot est fabriqué en série, à plusieurs centaines d’exemplaires par mois.

Pour la première fois, Pepper réunit l’ensemble des fonctions essentielles : comprendre ce qu’on lui dit, travailler physiquement, créer des images et des représentations, communiquer avec le reste du monde.

Serge Tisseron[1], psychiatre et psychanalyste, s’est penché sur le rapport de l’homme aux robots humanoïdes. Pour lui, l’« acceptation insouciante » de l’homme risque de créer des cascades de problèmes que les humains ne voudront pas voir : « Le jour où nous en arriverons à croire que notre robot est capable d’amour, nous serons en danger. Il ne nous aimera pas, mais nous, nous finirons par l’aimer. Nous avons envie d’être bernés, ce qui nous rend vulnérables ».

robot-pepper1Le psychiatre ajoute que la présence de robots domestiques dans les foyers aura un impact négatif sur les rapports entre humains : « Le robot sera toujours d’accord avec vous, compréhensif, indulgent, un vil flatteur. Il ne détectera pas un sentiment comme la honte, et de ce fait il vous évitera d’avoir honte quand vous avez mal agi » (cf. Demain, le robot ne sera pas un humain comme un autre).

Enfin, le risque pour l’homme est de prendre goût aux robots en ne tolérant plus le caractère imparfait des humains : « Les gens vont finir par exiger des autres humains qu’ils se comportent comme des robots. Cela pourrait détruire la spontanéité, la fantaisie, le désordre créatif. Et la simulation, qui aujourd’hui a des connotations négatives, deviendra une vertu », conclue Serge Tisseron (cf. La robotique un progrès inéluctable pour une humanité durable ?).

[1] Auteur de l’ouvrage « Le Jour où mon robot m’aimera » (Albin Michel, 2015).

Source : Généthique
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