Le bonheur n’est pas toujours là où on pense

Une étude d’Oxford Economics a constaté que quadrupler vos revenus n’apporte qu’une très légère hausse de votre niveau de bonheur, tandis que ce qui se passe dans votre chambre à coucher a un impact beaucoup plus grand.

Mis en ligne le 3 janvier 2018 Imprimer Imprimer

On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, mais des chercheurs anglais disent avoir trouvé ce qui marche : le sommeil et l’amour.

Une étude d’Oxford Economics a constaté que quadrupler vos revenus n’apporte qu’une très légère hausse de votre niveau de bonheur, tandis que ce qui se passe dans votre chambre à coucher a un impact beaucoup plus grand. [1]
Ainsi bien dormir, et avoir des moments intimes de grande intensité, sont de loin les deux facteurs qui augmentent le plus le bonheur dans la vie selon ces chercheurs.
Sur une échelle allant de 0 à 100, les 8000 personnes interrogées se situent en moyenne à 62,2.

Celles qui dorment bien sont à quinze point au-dessus de celles qui dorment mal. Celles qui font de bons câlins sont à sept points au-dessus de celles qui n’en ont pas.
Par contraste, multiplier par quatre vos revenus, c’est-à-dire passer par exemple de 20 000 à 80 000 euros par an, ne permet d’augmenter le niveau de bonheur que de… 2 points !!

L’œuf et la poule

Pour ma part, je pense que les choses sont plus compliquées que ça.
Ne dort pas bien qui veut : les malheurs, les soucis, perturbent le sommeil.
Certes, on est plus heureux quand on a bien dormi. Mais c’est aussi parce qu’on est heureux qu’on dort bien. Ou plutôt,parce qu’on est malheureux qu’on dort mal.
Nous avons en français l’expression : « Dormir du sommeil du juste ». Elle signifie que celui qui n’a pas de problème de conscience, qui n’est pas tourmenté, dort mieux.
« Tu peux dormir sur tes deux oreilles » est une autre expression qui témoigne de la sagesse populaire. On dit cela à une personne qui n’a pas de souci à se faire.

Pour bien dormir, la première chose à faire est de se libérer des problèmes, et c’est bien ça qui est difficile. Même si nous sommes le plus souvent responsables, à l’origine, des problèmes qui nous arrivent, cela ne veut pas dire pour autant qu’il est facile de les résoudre.

Vous avez commis une faute il y a longtemps. Mais celle-ci continue à vous rattraper, à vous « pourrir la vie » chaque jour. C’est classique. Cela peut-être un accident que vous avez provoqué, une erreur que vous avez faite, un diplôme raté malencontreusement, un mariage contracté trop vite, une carrière professionnelle mal choisie, des carences dans l’éducation des enfants, fort anciennes, mais dont les conséquences n’en finissent pas d’éclater, comme une réaction en chaîne…
Votre sommeil est peuplé de remords, et aussi d’inquiétudes devant un avenir qui vous paraît plus incertain encore.
Alors oui vous dormez mal. Vous vous réveillez le matin aussi fatigué que la veille, avec mal à la tête, le moral dans les chaussettes. Mais toutes les enquêtes vous expliquant que vous seriez « plus heureux en dormant mieux » ne vous sont d’aucun secours !

Votre solution, vous n’avez pas besoin de « spécialistes du sommeil » pour vous la donner : c’est en mettant d’abord de l’ordre dans votre vie que vous pouvez espérer, un jour, dormir à nouveau comme un bébé !
C’est un peu pareil avec l’amour.

Plus heureux en amour

Les personnes qui sont heureuses en amour se déclarent beaucoup plus heureuses en moyenne que les autres.
Mais là aussi, il ne faut pas confondre la cause et la conséquence, l’œuf et la poule.
Nous vivons avec ce mythe du « coup de foudre » et de l’amour qui existeraient spontanément, ou non, entre deux êtres.
Mais la réalité est que deux personnes ne peuvent s’aimer durablement que si chacune d’elle est authentiquement… aimable.
Or, ce sont les personnes les plus heureuses qui sont les plus aimables.
Plus heureuses, moins embourbées dans les problèmes, elles sont plus disponibles pour faire des choses intéressantes, constructives, de leur vie. Elles développent des talents, consacrent du temps aux autres, font une carrière professionnelle plus passionnante, des rencontres plus stimulantes.
Toute leur vie étant plus riche, elles en deviennent plus aimables. Et si leur conjoint est comme elle, les deux personnes ont une vie commune passionnante. Elles ne se lassent alors pas l’une de l’autre. Et elles sont, comme par hasard, heureuses de se retrouver le soir pour partager les événements enthousiasmants de la journée, et leur excitation se prolonge… dans la chambre à coucher.

L’amour n’est pas un accident, une chance qui arrive à certaines personnes et pas à d’autres.
Selon le psychologue (Ndlr. chrétien) américain Gary Chapman, il existe cinq moyens de manifester à l’autre son amour :

  • Par des gestes tendres
  • Par des paroles
  • Par des cadeaux
  • Par des services rendus
  • Par des moments de qualité consacrés à l’autre.

Mais j’ajouterais à cela un point important : celui de soigner sa propre vie, en développant ses propres talents, sa personnalité, pour se rendre plus intéressant, agréable à connaître et à fréquenter.
Votre vie devient alors plus heureuse, votre conjoint aussi, et vos moments intimes… aussi.

Quelques réflexions sur l’argent

Revenons aussi sur cette histoire de l’argent qui ne fait pas le bonheur.
L’expression est très populaire mais elle cache un raccourci.
Il est vrai qu’il est vain de gagner de l’argent si, par ailleurs, on ne cultive pas des choses importantes dans sa vie qui ont besoin d’être financées, ou qui peuvent être améliorées par l’argent.
Mais quasiment toutes les activités humaines peuvent gagner en ampleur, en intérêt, et donc en intensité, si vous disposez de plus de moyens matériels.

Par exemple, si vous êtes musicien et que vous développez votre talent, avoir de l’argent pour acheter un bel instrument de musique contribuera puissamment à votre bonheur. Vos performances seront démultipliées et votre plaisir de jouer aussi. Et avec de l’imagination, vous pouvez aller toujours plus loin.
Si vous pouvez recruter des musiciens pour vous accompagner et former un orchestre de chambre (5 à 15 musiciens), voire un orchestre symphonique (jusqu’à 150 musiciens), vous pouvez vivre des expériences absolument fabuleuses, bien au-delà de ce que vous auriez pu faire en étant pauvre.

De même, si vous aimez la nature, vous serez heureux avec petit jardin bien entretenu. Mais si vous avez les moyens d’acheter 1000 hectares de forêts, d’étangs, de prairies, de jardins, et d’employer une armée de jardiniers bien équipés qui vous aideront à l’aménager pour en faire un jardin d’Eden, rempli de fleurs magnifiques, d’arbres centenaires de toutes essences, d’animaux de toutes espèces, sans pesticides ni produits chimiques parce que tout l’entretien sera fait à la main, vous serez sans doute encore plus heureux et passionné. A noter que, selon un vieux dicton, les jardins sont le moyen le plus sûr de se ruiner : dans ce domaine, il n’y a strictement aucune limite à ce que vous pouvez dépenser.

Si vous avez beaucoup d’enfants, petits-enfants, vous serez heureux de pouvoir leur offrir des activités éducatives variées et intéressantes.
Si vous avez une grande famille avec beaucoup de frères et sœurs, neveux, avec qui vous aimez organiser de belles réunions, ou beaucoup d’amis avec qui vous aimez faire des activités, avoir plus d’argent élargit le domaine des possibles.

Je pourrais donner de nombreux autres exemples : si vous aimez la poésie, l’histoire, le théâtre, la science, vous souhaiterez en général y consacrer du temps et des moyens. Là encore, l’argent contribuera à votre bonheur car vous pourrez donner plus d’envergure à vos projets.

Rappelons qu’un nombre énorme de grandes découvertes scientifiques et d’œuvres littéraires ont été produites par des personnes qui n’avaient pas besoin de travailler pour vivre. Loin de chercher un profit de leur travail, elles se sont au contraire servi de leur fortune pour financer leurs œuvres.
L’écrivain russe Tolstoï était un grand aristocrate proche de la famille impériale et c’est grâce à ses rentes qu’il eut le temps d’écrire « Guerre et Paix » et « Anna Karénine ». Montaigne, Montesquieu, Fénelon, Voltaire, Benjamin Constant et tant d’autres n’avaient pas besoin de travailler pour vivre et c’est dans le confort des châteaux et des palais que naquirent leurs chefs-d’œuvre.
Les Universités furent d’ailleurs toujours fondées par de riches bienfaiteurs, qui comprenaient que, grâce à leur argent, des hommes pourraient consacrer leur vie au progrès de la science et de la pensée.

Lorsque, donc, on dit que l’argent ne fait pas le bonheur, on veut en fait dire que l’argent ne fait pas le bonheur des personnes qui ont une vie sans intérêt.
Cela est vrai mais c’est un peu triste de voir l’humanité ainsi.

Car beaucoup de gens ont une passion, des talents, et sauraient parfaitement comment faire un usage intelligent de leur argent si elles en avaient plus, un usage qui leur permettrait de mieux s’accomplir et donc d’être plus heureuses. (…)

[1] http://www.telegraph.co.uk/news/2017/09/19/forget-getting-rich-sex-sleep-real-keys-happiness/

Source : La Lettre Santé Nature Innovation et The Telegraph

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