Laïcité : l’État appelé à remobiliser les préfets

L’Observatoire de la laïcité a rendu un avis dans lequel il demande à l’État d’intervenir auprès des préfets pour qu’ils s’emparent d’avantage de la laïcité et de la défense des valeurs de la République.

Mis en ligne le 5 octobre 2017 Imprimer Imprimer

Si le thème de laïcité et des valeurs républicaines a fait un retour en force sur le devant de la scène politique ces dernières années, il n’est pas évident que le pays y ait gagné en clarté. À en croire l’Observatoire de la laïcité, c’est même dans une certaine confusion que les administrations et les élus locaux s’activent aujourd’hui.

Dans un avis rendu public le 19 septembre, l’Observatoire exprime, en termes feutrés mais non équivoques, une certaine exaspération. « À l’occasion de ces déplacements sur le terrain », il a « pu constater une gestion inégale du suivi, par les collectivités locales et les administrations, des problématiques qui ont trait à la laïcité ou qui y sont reliées à tort ».

Problématiques liées à la religion

De quoi s’agit-il ? les maires, des responsables de la fonction publique territoriale ou de hauts fonctionnaires (recteurs, préfets…) peuvent avoir à traiter de nombreuses questions relatives aux relations avec les cultes : manifestations sur la voie publique, demandes de subventions, respect de la neutralité dans les activités périscolaires, abattages rituels ou gestion des cimetières… Les sujets ne manquent pas.

S’ajoutent à cela d’autres problématiques liées à la religion ne relevant pas au sens strict de la laïcité mais plutôt du respect des valeurs de la République : il peut s’agir d’affaires qui portent atteinte à l’égalité hommes-femmes ou à la dignité humaine (par exemple le port du voile intégral), ou qui sont liés à des situations de dérives sectaires, d’incitation à la haine ou à la violence…

Une circulaire pour les préfets

Les réponses à toutes ces questions, insiste l’observatoire, « supposent l’action conjointe de différentes administrations et collectivités locales ou, a minima, la bonne information de chacune (…) Telle n’est pas la situation aujourd’hui. »

De la loi sur les signes religieux à l’école (2004) à la création de l’Observatoire (2012) l’État a pourtant redéfini un cadre juridique, clarifié encore par de multiples rapports ou plan de formation. Malgré cela, c’est souvent dans l’improvisation et l’approximation que les autorités locales réagissent, contribuant à alimenter le feuilleton médiatique, comme l’ont illustré ces dernières années les affaires de repas scolaires, de crèches de Noël ou de burkinis…

L’Observatoire, placé sous l’autorité du Premier ministre, interpelle donc le ministère de l’Intérieur. Il lui demande d’adresser une circulaire aux préfets afin qu’ils remobilisent l’ensemble des responsables locaux sur ces questions. Cela pourrait se faire dans le cadre des Conférences départementales de la laïcité dont on élargirait le périmètre afin de prendre en compte toutes ces questions touchant aux valeurs de la république.

Former les maires

Dans un sens plus positif, l’observatoire suggère aussi de relancer dans chaque département et à l’initiative des préfectures, des semaines de la fraternité, lancées il y a quelques années mais tombées dans …

Lire la suite

Source : La Croix

__________________________________

Sur le même thème :

 


Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail