La justice déboute les AFC qui poursuivaient le site de rencontres adultérines Gleeden

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a débouté les Associations familiales catholiques (AFC) qui demandaient l’interdiction de la promotion de « la relation extraconjugale » dans les publicités d’un site de rencontres.

Mis en ligne le 13 février 2017 Imprimer Imprimer

Le 9 février, le tribunal de Grande Instance de Paris (TGI) a débouté les Associations Familiales catholiques (AFC), qui demandaient notamment l’interdiction de « la promotion des rencontres extra-conjugales » dans les publicités du site de rencontres adultérines Gleeden, en violation, selon elles, de l’article 212 du Code civil garantissant l’obligation de fidélité des époux.

Le tribunal a justifié son verdict en citant notamment le cas de situations où les conjoints ont pleinement connaissance, voire cautionnent, l’infidélité de leurs conjoints respectifs. « Mais cela concerne peut-être à peine 1 % des couples dans cette situation, et à force de faire primer l’exception, il n’y a plus de règles »déplore Me Erwan Le Morhedec, l’avocat des plaignants, tout en condamnant « une décision symptomatique de notre époque moderne ». Les AFC n’ont, pour l’instant, pas fait savoir si elles envisageaient de faire appel de la décision.

Des affiches jugées « immorales »

Le début de toute cette affaire remonte à février 2015. Une polémique éclate alors après le lancement, par le site de rencontres extraconjugales, d’une campagne aux slogans provocateurs : « Être fidèle à deux hommes, c’est être deux fois plus fidèle », « Contrairement à l’antidépresseur, l’amant ne coûte rien à la sécu », ou encore « Et si cette année, vous trompiez votre amant avec votre mari ? ».

Placardées dans les stations de métro, dans les abris bus, ces affiches, ayant pour fond une pomme rouge croquée, sont jugées « immorales » par plusieurs maires de communes franciliennes qui décident de les interdire.

« Promotion publique de la duplicité »

Dotées du statut d’association familiale et d’association des consommateurs, les Associations Familiales Catholiques (AFC) décident donc d’assigner au civil, le 18 février 2015, la société américaine éditrice du site Gleeden, BlackDivine, en l’accusant notamment de « mensonge ».

« En définitive, la liberté dont Gleeden se réclame apparaît fallacieuse, fondée plutôt sur le plaisir de la tromperie, où il ne s’agit pas de préserver son autonomie mais d’agir à l’insu de l’autre », déplorait en ce sens Jean-Marie Andrès, le président de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC), dans une tribune publiée en avril 2015 sur le site de La Croix. « C’est une liberté de tartuffes qui se complaît dans le manque de transparence, où la duplicité laisse par ailleurs croire que l’on peut se défausser de ses responsabilités, celles prises précisément devant le maire », poursuivait-il ensuite.

Interdire la promotion de « la relation extraconjugale »

Devant le tribunal de grande instance de Paris, les plaignants exigent, lors de la première audience le 24 novembre 2016, l’annulation des contrats entre le site et ses clients, ainsi que l’interdiction de la promotion de « la relation extraconjugale » dans ses publicités. « Nous ne mettons pas en cause les époux, mais une société qui tend à inciter l’ensemble des époux à se tromper, et donc violer son obligation de fidélité », justifie alors Me Henri de Beauregard, l’un des deux avocats, avec Me Erwan Le Morhedec, des AFC au début de sa plaidoirie.

Un argument aussitôt balayé par la défense, incarnée par Me Caroline Mécary, qui accusait alors à son tour les AFC « d’instrumentaliser le prétoire pour faire avancer [leurs] idées », tout en rappelant que les publicités incriminées avaient été validées par le Jury de déontologie publicitaire et par Média transports, l’une des principales régies publicitaires de transports européens.

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Malo Tresca
Source : La Croix
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« À force de tout voir, on finit par tout supporter. À force de tout supporter, on finit par tout tolérer.
À force de tout tolérer, on finit par tout accepter. À force de tout accepter, on finit par tout approuver.»  
Saint Augustin

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