La croix, toujours objet de scandale et de folie

Le Conseil d’État a donné six mois à la ville de Ploërmel dans le Morbihan pour retirer la croix qui surplombe une statue de Jean-Paul II, installée en 2006.

Mis en ligne le 6 novembre 2017 Imprimer Imprimer

La croix qui surplombe la statue de Jean-Paul II à Ploërmel, petite ville du Morbihan, a été jugée « contraire » à la loi de séparation des Églises et de l’État. Le Conseil d’État a tranché et confirmé, le 25 octobre, l’injonction prononcée en première instance de la retirer.

« Sa présence dans un emplacement public est contraire à la loi »

« Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux au sens de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et que son installation par la commune n’entre dans aucune des exceptions ménagées par cet article, sa présence dans un emplacement public est contraire à cette loi », a expliqué la plus haute juridiction administrative dans un communiqué.

La commune bretonne doit procéder au retrait de la croix dans un délai de six mois. En revanche, le Conseil d’État n’a pas statué sur la statue en elle-même, le cas ayant déjà été tranché.

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Joint par La Croix, Patrick Le Diffon, maire (Les Républicains) de Ploërmel depuis 2014, ne cache pas sa « stupéfaction ». L’imposante statue, sous une arche surmontée d’une croix, a été offerte par l’artiste russe Zourab Tsereteli au maire de l’époque et installée sur une place publique en 2006.

Lors de son installation, elle avait déjà suscité quelques remous auprès de militants laïques. La Fédération morbihannaise de la libre-pensée et deux habitants de la commune avaient ensuite saisi le tribunal administratif de Rennes pour la faire retirer, en vain après l’annulation en appel d’une première décision allant dans ce sens pour vice de procédure.

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« Je ne veux pas être le maire qui va mettre cette œuvre au placard »

« Je ressens beaucoup d’exaspération dans la commune, affirme le maire. Je rencontre beaucoup plus de sympathisants que de détracteurs. La population est désormais attachée à cette statue et à la croix. Je ne veux pas être le maire qui va mettre cette œuvre au placard. Mais je prône aussi l’apaisement. »

Enjoint d’obtempérer à la décision du Conseil d’État, Patrick Le Diffon ne veut pas se précipiter. Il souhaite d’abord consulter l’auteur de l’œuvre pour savoir s’il accepterait de voir la croix retirée. Le maire pourrait aussi faire sortir la « place Saint-Jean-Paul-II » du domaine public ou bien accepter de déplacer la statue dans un espace privé.

« J’ai six mois pour prendre une décision dans un climat que je souhaite dépassionné alors que cette affaire a pris un tour davantage national que local », explique l’édile. « En revanche, je veux le soutien des habitants. Il ne s’agit pas de prendre une décision contre eux. » Il s’inquiète toutefois d’une possible jurisprudence à l’encontre de toutes les croix érigées dans l’espace public depuis 1905.

Arnaud Bevilacqua
Source : La Croix
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« …Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. » 1 Corinthiens1:22-24


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