Israël : conférence sur la lutte contre l’antisémitisme

Lors d’une conférence spéciale organisée le lundi 4 novembre 2019 à la résidence du Président de d’Etat d’Israël à Jérusalem, le Président Reuven Rivlin a rencontré les envoyés spéciaux et les coordinateurs de la lutte contre l’antisémitisme en Europe et aux États-Unis.

Mis en ligne le 6 novembre 2019 Imprimer Imprimer

Lors de cette conférence spéciale, la coordinatrice de Commission européenne sur la lutte contre l’antisémitisme Katherina von Schnurbein, l’envoyé spécial des États-Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme Elan Carr, l’envoyé spécial du Royaume-Uni pour les questions post-holocauste Lord Eric Pickles, le Commissaire allemand chargé de l’antisémitisme, le Dr Felix Klein et le Représentant spécial français sur le racisme, l’antisémitisme et la discrimination, Frédéric Potier, ont rendu compte de leurs travaux, des défis auxquels leurs gouvernements sont confrontés et des moyens identifiés de lutter contre l’antisémitisme.

Discours prononcé par le Président israélien, Reuven Rivlin, lors de l’ouverture de la Conférence (visible en vidéo (en anglais) à la fin de l’article).

Nous commémorerons dans quelques jours le 81ème anniversaire de la Nuit de Cristal (Kristallnacht). Nous devons constamment nous rappeler que si l’antisémitisme n’est pas enrayé à temps, il passera rapidement de la rhétorique au verre brisé, à la violence et au meurtre. Nous devons prendre des mesures courageuses aujourd’hui ! Nous devons tous être profondément préoccupés par la montée de l’antisémitisme dans le monde.

Il est impossible que 81 ans après la Nuit de Cristal, des synagogues à Pittsburgh, à Halle, soient attaquées. Il est impossible que de Brooklyn à Paris, de Buenos Aires à Berlin en passant par Melbourne et l’Europe de l’Est, des Juifs soient agressés. Il est impensable que des Juifs aient peur de porter la kippa dans la rue et que les étudiants juifs ressentent le besoin de cacher leur identité. Nous ne pouvons et ne devrions pas accepter que dans des carnavals en Belgique, dans les pages du New-York Times et dans les médias officiels du monde arabe, des caricatures antisémites soient publiées.

Aujourd’hui, l’antisémitisme a évolué et revêt de nombreuses formes. Il provient de l’extrême droite, de l’extrême gauche et des islamistes radicaux. Il trouve son expression en ligne et dans la rue, dans les universités et, de plus en plus, dans les officines du pouvoir. L’antisémitisme se répand dans les parlements et les partis politiques dans tout l’occident, du parti travailliste britannique aux partis d’extrême droite en Autriche et dans d’autres pays.

Chers Amis,
Nous devons agir maintenant. Et nous devons agir dans tous les domaines. Dans le domaine de l’application de la loi, nous devons utiliser tous les outils à notre disposition pour prévenir et poursuivre les crimes de haine. Nous devons assurer la sécurité physique des communautés juives, mais nous ne devons jamais accepter comme normal le fait que les écoles juives et les synagogues requièrent des gardes, des murs et des portes. Ce n’est pas normal !
Une sécurité alourdie ne résout hélas pas le problème de l’antisémitisme, elle ne fait que souligner sa gravité.

Dans le domaine de l’éducation, nous devons trouver de nouveaux moyens de transmettre l’héritage de la Shoah à une jeune génération qui ne connaîtra pas les survivants.

Nous devons développer des réglementations et des technologies pour lutter contre l’antisémitisme et l’incitation à la haine en ligne.
Les réseaux sociaux sont un outil formidable, ils rapprochent les gens du monde entier. Mais ils permettent également aux extrémistes de répandre la haine à travers le monde.
Nous tous, gouvernements, entreprises de l’Internet et société civile, devons prendre notre part pour faire face à cette menace, avant que la haine en ligne ne conduise à nouveau à des tragédies dans le monde réel.

Pour lutter contre l’antisémitisme, nous devons le définir, et nous devons adopter et utiliser la définition de l’IHRA qui prend en compte toutes les formes de haine anti-juive. Ces définitions devraient être adoptées à tous les niveaux – par les parlements, les municipalités, les organismes chargés de l’application de la loi et les établissements d’enseignement.

Nous devons nous opposer au nouvel antisémitisme, à la campagne visant à délégitimer et à boycotter Israël, sur les campus, dans les médias et à l’ONU. Bien sûr, la critique est légitime. Cependant, le mouvement antisémite BDS ne vise pas à critiquer Israël, mais à mettre fin à son existence en tant qu’État juif et démocratique.

Mes amis,
Ce défi est urgent et la seule façon de le relever consiste à travailler ensemble. C’est pourquoi je vous ai invité, envoyés spéciaux et coordinateurs de la lutte contre l’antisémitisme, à cette réunion.

En janvier prochain, à l’occasion du 75ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, des dizaines de dirigeants mondiaux, ainsi que Yad Vashem et le World Holocaust Forum, se joindront à moi pour une réunion consacrée à la mémoire de la Shoah et à la lutte contre l’antisémitisme. Nous comptons sur vous, experts et coordinateurs, pour élaborer des stratégies concrètes permettant de lutter contre cette haine ancestrale.

Merci à vous tous pour votre travail et votre engagement dans cette lutte. J’ai hâte de travailler avec vous.

Source : Ambassade d’Israël en France

Voir la vidéo

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