Il est vivant et il ne veut pas mourir

Tétraplégique depuis un accident de voiture en 2008, Vincent Lambert respire de façon autonome, se trouve dans un état stable, et il n’est pas en fin de vie. Pourtant, à l’issue d’une énième procédure, le CHU de Reims vient de décider l’arrêt des traitements, c’est-à-dire de l’alimentation et de l’hydratation, forme déguisée de l’euthanasie.

Mis en ligne le 17 avril 2018 Imprimer Imprimer

Le CHU de Reims vient de se prononcer : le Dr Vincent Sanchez, arrivé début 2017 au CHU, a jugé que Vincent Lambert, tétraplégique depuis un accident de voiture en 2008, subit son « maintien artificiel en vie » et doit faire l’objet au plus vite (d’ici jeudi 19 avril) d’un arrêt des « traitements ».

Par « traitements », il faut entendre « alimentation et hydratation ». Vincent Lambert respire pourtant de façon autonome, se trouve dans un état stable, et il n’est pas en fin de vie. Le Dr Sanchez a estimé, a l’issue d’une procédure collégiale de cinq mois, qu’alimenter Vincent Lambert relevait de l’ « obstination déraisonnable ».

La famille est divisée sur la question. Son épouse, sa tutrice légale depuis 2016, et son neveu, Rachel et François Lambert, demandent depuis plusieurs années l’arrêt de son alimentation. Les parents de Vincent, eux, sont opposés à toute forme d’euthanasie, même passive. Ils ont demandé à plusieurs reprises le transfert de leur fils du CHU de Reims vers une autre institution. Plusieurs sont prêtes à le prendre en charge, mais seule la tutrice légale, qui demande au contraire que soit mis fin à l’alimentation de son mari, a le droit de demander ce transfert.

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Cette décision du CHU du Reims qui n’est pas la première, s’inscrit dans « une longue bataille judiciaire » qui va se poursuivre. En effet, l’avocat des parents de Vincent Lambert, maître Paillot, a annoncé que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne allait être saisi : « On se bat aujourd’hui parce qu’on est en présence d’une décision injuste prise par un médecin incompétent », a expliqué l’avocat qui regrette que la procédure collégiale n’ait « pas été l’occasion de discuter complètement et contradictoirement de tous les éléments médicaux que nous soulevions ». Pour lui, le Dr Sanchez est « un gériatre qui est dans ce service depuis moins de deux ans » et qui n’a « aucune expérience de ce type de patient ».

Source : Généthique

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