Fabriquer un enfant pour autrui, c’est se hasarder à générer de la pathologie relationnelle

Anne Schaub, psychothérapeute, dénonce dans le journal La Libre (Belgique) « les écorchures imposées à l’enfant dans la gestation pour autrui », et déplore l’oubli de l’enfant dans les débats au profit du « désir d’enfant, de générosité, de solidarité » et d’argent.

Mis en ligne le 30 juin 2017 Imprimer Imprimer

En s’appuyant sur des acquis de sciences humaines et de neurosciences, Anne Schaub soutient que « fabriquer un bébé pour un autre, c’est se hasarder à générer chez ce petit de la souffrance et de la pathologie relationnelle ».

Les circonstances de conception, de gestation et de naissance constituent des enjeux majeurs pour l’enfant à naître. De ce fait, « faciliter ou organiser une maternité/parentalité éclatée de la conception à la naissance charge l’enfant d’un bagage psychoaffectif empreint de rupture et le marque d’une filiation brouillée ». En outre, séparer l’enfant de sa mère de naissance « entraine chez lui selon le contexte et à des degrés divers, une blessure d’abandon qui peut aller jusqu’à une angoisse de mort ». Car si la femme peut choisir de ne pas s’attacher à l’enfant qu’elle porte, l’enfant « lui, ne peut pas ». Il s’agit pour lui « d’un réflexe programmé de survie, d’un mécanisme biophysiologique et psychologique, incontournable et incontestable », qu’aucun contrat de GPA ni même la pensée d’un adulte qui désire de tout son cœur l’enfant attendu à distance ne peut diminuer ni effacer. L’expérience de rupture maternelle, dès la naissance, « porte atteinte à son sentiment de sécurité de base et à son intégrité existentielle ».

Enfin, la psychothérapeute s’indigne du rapprochement fait entre GPA et adoption. Par l’adoption, l’enfant a souvent un travail psychologique à accomplir mais il comprend alors que « ses parents ont cherché par l’adoption à l’entourer de ce qu’il avait perdu par les aléas de la vie ». Au contraire, « la blessure la plus profonde que l’enfant issu de GPA aura sans doute à résoudre et qui n’existe pas chez l’enfant adopté, c’est de réaliser que ce sont ses parents qui ont eux-mêmes créé la situation de rupture avec la mère de naissance ».

Anne Schaub appelle donc à « sortir l’enfant de l’ombre » pour condamner la GPA. « Car ‘fabriquer’ un enfant pour autrui, c’est se hasarder à générer de la souffrance et de la pathologie relationnelle chez l’enfant concerné ».

Source : Généthique
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