En 2017, le fait religieux en entreprise marque le pas

Pour la première fois, l’observation « quantitative » du fait religieux ne progresse pas. La part des salariés interrogés qui, en 2017, déclarent observer de façon régulière ou occasionnelle des faits religieux dans leur situation de travail est identique à ce qu’elle était un an plus tôt.

Mis en ligne le 20 octobre 2017 Imprimer Imprimer

En France, le fait religieux en entreprise a cessé de progresser en 2017. Telle est la principale leçon de la dernière enquête sur le fait religieux en entreprise, publié le 27 septembre. Cette étude est réalisée annuellement depuis 2013 par l’Institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise. Il s’agit d’un questionnaire en ligne conduit auprès de 1 093 salariés exerçant pour la plupart (63 %) des fonctions d’encadrement, proposé entre avril et juin 2017.

Selon le groupe Randstad, « Pour la première fois, l’observation « quantitative » du fait religieux ne progresse pas. La part des salariés interrogés qui, en 2017, déclarent observer de façon régulière ou occasionnelle des faits religieux dans leur situation de travail est identique à ce qu’elle était un an plus tôt : 65 %. » Par ailleurs, note le rapport, « Les cas conflictuels restent pour leur part toujours minoritaires, passant de 6,7 % de l’ensemble des faits religieux observés en 2016 à 7,5 % cette année. »

Les managers font preuve de tolérance envers la religion au travail, mais dans certaines limites. Ainsi, « près des trois-quarts (72 %) des salariés interrogés estiment ainsi que l’entreprise ne doit pas s’adapter aux pratiques religieuses des salariés alors qu’ils n’étaient que 60 % à le penser en 2016. Dans le même temps, ils sont 73 % à estimer qu’il est tout à fait admissible de prier pendant ses pauses. »

Pour Lionel Honoré, professeur des Universités et directeur de l’OFFRE, le travail, en tant qu’activité humaine, est un lieu de quête spirituelle : « Il n’y a rien de surprenant à ce que travail et pratique religieuse se rencontrent. Le travail est, ou devrait être, un outil de transcendance, notre moyen de contribuer à des projets qui participent au progrès du monde. Avant d’être réalisé par des ingénieurs, des contrôleurs de gestion, des soudeurs ou des infirmières, le travail est une affaire de personne. C’est cela que le fait religieux interroge : le sens du travail aujourd’hui et sa capacité à permettre aux personnes de s’élever en prenant part au projet d’une entreprise. »

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