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Embryons humains génétiquement modifiés : franchir la ligne rouge ?

Les membres d’un réseau international de chercheurs, bio-éthiciens, juristes et experts politiques réunis début septembre en Grande Bretagne, se sont prononcés «en faveur de la modification génétique des embryons humain ».

Mis en ligne le 5 novembre 2015 Imprimer Imprimer

Selon les membres du groupe Hinxton, la recherche impliquant les modifications génétiques d’embryons humains est « essentielle pour acquérir des connaissances de base en embryologie ». Ces connaissances pourraient par exemple « donner lieu à des améliorations des techniques de procréation médicalement assistée ». S’ils ne se prononcent pas favorablement aujourd’hui à la naissance d’enfants génétiquement modifiés, ils n’excluent pas que cela puisse être « moralement acceptable à l’avenir ».

« Le gene-editing est une technique qui progresse rapidement » expliquent-ils, « il y a et il y aura une pression pour prendre des décisions scientifiques ou encore des décisions concernant le financement, les publications et la gestion de telles recherches. »

L’intérêt et la préoccupation concernant de telles manipulations ont été ravivés par l’annonce de scientifiques chinois en mars dernier, qui ont modifié l’ADN d’embryons humains à l’aide de l’outil CRISPR-Cas9 (cf. Gènéthique du 24 avril 2015). Il s’agit de nouveaux « ciseaux génétiques » qui permettent de modifier avec précision des fragments d’ADN. Ces manipulations ouvrent la voie aux« bébés à la carte » (cf. Gènéthique du 20 mai 2015) : « Avec cet outil, il devient possible de cibler n’importe quel gène pour l’éteindre, l’allumer, le corriger, l’améliorer… Le champ des possibles s’ouvrent plus largement que jamais ». « Un monde meilleur est possible avec CRISPR » estimait The Economist cet été. Mais « où arrêter la course à l’’édition de la nature’ ? »

Sur ce sujet, la communauté scientifique est divisée. Quelques mois plus tôt, d’autres chercheurs publiaient une tribune dans la revue Nature pour demander un moratoire sur les modifications génétiques des cellules humaines reproductrices (cf. Synthèse Gènéthique du 16 mars 2015), qui entraine des modifications du génome sur la descendance, sans que l’on ne soit encore sûrs de l’innocuité de ces techniques sur les futures générations.

Le Directeur du NIH (National Institutes of Health), Francis Collins, a quant à lui réaffirmé la position constante de l’Institut contre le financement public de la recherche impliquant la manipulation d’embryon humain, qui « est universellement considérée comme une ligne à ne pas franchir » (cf. Gènéthique du 30 avril 2015).

Cette technique « est en train de révolutionner le questionnement bioéthique contemporain », constate Jean Yves Nau. La « tentation d’éditer la nature » est forte et concerne tous les domaines. Pourtant « le débat ne perce pas en France » constate-t-il : aucune réaction au niveau politique, scientifique ou médiatique. « Reste le comité national d’éthique. Mais où est-il passé ? »

Sources : Généthique


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