Élections en Inde : le cri étouffé des minorités

À la veille des élections législatives en Inde, le regard des minorités est tourné vers le futur. Le géant d’Asie du Sud, en passe de devenir une nation hindoue, sera-t-il plus ou moins clément envers ses minorités notamment chrétiennes ?

Mis en ligne le 10 avril 2019 Imprimer Imprimer

« J’espère que Modi et le BJP ne gouverneront plus après les élections (…) J’ai peur de l’avenir pour mon pays et mes enfants. » confie le pasteur Ravi (pseudonyme).
Des inquiétudes justifiées d’après Portes Ouvertes, ONG qui œuvre au soutien des minorités chrétiennes persécutées : « Face à la safranisation de la société hindoue, les exactions contre les minorités s’intensifient chaque année. L’arrivée au pouvoir du BJP, parti nationaliste hindou, a encouragé les milices à répandre le discours suivant : « Ne pas être hindou équivaut à ne pas être Indien. » L’extrémisme hindou se répand par la violence contre les religions “étrangères” – islam et christianisme – depuis les années 1990 », explique Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France.

Les principales craintes face aux élections

Les chrétiens ont peur qu’une victoire éclatante des nationalistes hindous n’amène des conséquences néfastes pour l’Église :
  • Lois anticonversion à l’échelle nationale et changement constitutionnel pour faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue.
  • Multiplication des campagnes de Ghar Wapsi (reconversions forcées vers l’hindouisme)
  • Hindouisation accrue de l’éducation.
  • Alourdissement du climat d’impunité encourageant les extrémistes hindous à plus d’exactions.
  • Surveillance et fermetures des églises: possible constitution d’un réseau d’églises souterrain pour s’en prémunir.

Des chiffres alarmants

Les inquiétudes sont légitimes. Le processus d’hindouisation (ou safranisation) qui consiste à faire de l’Inde une nation exclusivement hindoue est bien en marche. Ce processus se diffuse, via l’influence des agences gouvernementales, la violence des groupes extrémistes hindous, l’endoctrinement idéologique et la pression par la loi sur les minorités religieuses, notamment les chrétiens. En 2018*, Portes Ouvertes a répertorié 775 cas de persécution touchant 50 819 chrétiens. Près de 100 églises ont été attaquées. Plus de 200 chrétiens ont été emprisonnés à cause de leur foi, 14 chrétiens ont été tués. L’Inde est le 10ème pays où les chrétiens sont le plus persécutés d’après l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens publié par Portes Ouvertes. La violence est concentrée dans les États centraux de l’Inde : Chhattisgarh, Maharashtra, Odisha, Madhya Pradesh, Uttar Pradesh, Jharkhand. Cependant la tendance est à une extension nationale des violences.

Recommandations de Portes Ouvertes

Portes Ouvertes appelle, entre autres, à la création d’une commission d’enquête et de surveillance internationale sur le sujet, une condamnation publique des discours de haine contre les minorités et l’abrogation des lois anti conversion ou la réforme de celles-ci.
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Source : Communiqué de Portes Ouvertes
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