Des morts célèbres pour quel héritage ?

À 2 jours d’intervalle, un président qui a marqué l’histoire de la Ve République et une chanteuse célèbre ont tiré leur révérence de la scène publique et de la vie. Pour l’un comme pour l’autre, c’est une surenchère d’éloges dont ne tarissent pas nos médias et nos hommes politiques. Quel héritage va-t-il rester ?

Mis en ligne le 4 décembre 2020 Imprimer Imprimer

À 2 jours d’intervalle, un président qui a marqué l’histoire de la Ve République et une chanteuse célèbre ont tiré leur révérence de la scène publique et de la vie.
Pour l’un comme pour l’autre, c’est une surenchère d’éloges dont ne tarissent pas nos médias et nos hommes politiques. Quel héritage va-t-il rester ?

En 1973, dans une chanson intitulée « Non, tu n’as pas de nom », Anne Sylvestre, « chanteuse engagée » selon certaine terminologie politisée, revendique le droit pour une femme d’avorter.
Refrain : « Non, non, tu n’as pas de nom – Non, tu n’as pas d’existence – Tu n’es que ce qu’on en pense. – Non, non, tu n’as pas de nom. »
Curieusement, elle s’adresse à son enfant dont il n’est pas douteux, pourtant, qu’elle reconnaît l’existence : « Oh, non, tu n’es pas un être – Tu le deviendrais peut-être… – Si ce n’était pas un piège – Pour quel douteux sortilège… » – Depuis si longtemps je t’aime – Mais je te veux sans problèmes… » – À supposer que tu vives, – Tu n’es rien sans ta captive… »
Elle rejette ceux qui voudraient s’interposer dans son rejet : «– Tu ne seras pas mon centre – Que savent-ils de mon ventre ? … – Aujourd’hui je te refuse – Qui sont-ils ceux qui m’accusent ? …  – Quiconque se mettra entre – Mon existence et mon ventre – N’aura que mépris ou haine – Me mettra au rang des chiennes… –»
Avec parfois des accents de vérité : « Oh, ce n’est pas une fête – C’est plutôt une défaite – Mais c’est la mienne et j’estime – Qu’il y a bien deux victimes… – C’est une bataille lasse – Qui me laissera des traces…»

Quinze ans plus tard, en 1988, une autre chanteuse célèbre, Mireille Mathieu, chantait elle « L’enfant que je n’ai jamais eu »
« Il aurait treize ans aujourd’hui
Je l’aurais appelé David
J’aurais voulu qu’il fasse du bruit
Au milieu de cette maison vide
Au milieu de cette maison vide
Est-ce qu’il aurait eu mes yeux noirs ?
Ou la forme de ton visage ?
Est-ce qu’il aurait voulu savoir
Comment nous étions à son âge ?
L’enfant, l’enfant que je n’ai jamais eu
Celui que tu n’as pas voulu
L’enfant que je n’ai pas gardé
Celui que tu n’as pas aimé
L’enfant… l’enfant… un enfant! »

15 ans d’écart entre les 2 chansons et le vote d’une loi.

Jeudi 3 décembre, Emmanuel Macron s’est exprimé au 20 heures pour rendre hommage à Valéry Giscard d’Estaing, saluant notamment la mémoire d’un chef d’État dont « le septennat transforma la France« .

Et il l’a en effet transformé, en profondeur, comme l’attestent ses réformes sociétales : majorité à 18 ans (juillet 1974), contraception étendue aux mineures et pilule remboursée par la Sécu (décembre 1974), adoption de loi Veil (janvier 1975), divorce par consentement mutuel (juin 1975) périmant l’adultère.
La société a changé d’ère, d’air et d’aire et en porte encore aujourd’hui les stigmates.

DR

Remerciements à Pierre C. pour sa documentation sur Anne Sylvestre

Source : Evangéliques du Bas-Rhin


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