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Des fragments d’objets datant du Premier Temple de Salomon découverts sur le mont du Temple

Menées à l’occasion d’une rare coopération avec les autorités musulmanes, une série de fouilles, ces dernières années, sur un site sensible, aide à mettre en lumière une preuve sans précédent de l’activité humaine au temps de la Bible, disent les spécialistes

Mis en ligne le 4 novembre 2016 Imprimer Imprimer

Des archéologues israéliens ont présenté le 27 octobre les nouveaux détails de ce qu’ils ont affirmé être des minuscules artefacts, enterrés dans un endroit du mont du Temple, déjà datés comme remontant à l’époque du Premier Temple il y a plus de 2 600 ans.

Les découvertes ont été faites durant les séances de fouilles scientifiques initiées au sommet du mont du Temple, un site disputé, au cours de la dernière décennie. Ce sont les premières en leur genre depuis le mandat britannique.

Ces fouilles israéliennes hautement sensibles ont été conduites avec une publicité minimum et en coppération avec le Waqf islamique qui est chargé de la gestion du lieu saint à l’actualité brûlante.

Les artefacts sortis de la terre du mont, qui ont été détaillés dans un article et présentés lors d’une conférence de l’Université Hébraïque, comprennent des noyaux d’olive, des os d’animaux et des fragments de poterie datant de la période du Premier Temple entre les 8e et 6e siècles avant l’ère commune.

Les archéologues avaient précédemment trouvé un nombre limité d’artefacts datant de l’époque du Premier Temple à Jérusalem mais aucune de ces découvertes n’avait été faite au sommet du mont lui-même.

Elles avaient été trouvées au cours des fouilles d’Ophel, au sud du mont, et durant le dénommé « Temple Mount Sifting Project » (projet de ciblage du mont du Temple), qui avait examiné les gravats dont il était raisonnable de penser qu’ils avaient été empruntés au lieu saint et abandonnés dans la vallée de Kidron, située à proximité.

“C’est la première fois que nous trouvons des artefacts de cette période directement sur le mont du Temple”, s’est exclamé jeudi Yuval Baruch, chef de l’Autorité des Antiquités d’Israël pour la région de Jérusalem, au sujet des trouvailles réalisées.

« En ce qui concerne l’époque biblique, le mont du Temple est une tabula rasa, personne n’y connaît rien », a indiqué Baruch, qui a dirigé les travaux archéologiques. « C’est encore « très limité », mais les petits fragments de d’argile et d’os que nous avons trouvés représentent déjà quelque chose : Au moins, « ils existent ».

Les fouilles sur le mont ont été menées entre 2007 et l’année passée après que le Waqf ait demandé une autorisation à Israël concernant des ouvrages de maintien des infrastructures servant la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, les principales structures situées au sommet du mont du Temple.

Des projets précédents initiés par le Waqf sur le mont du Temple, comme la construction de la mosquée Marwani à la fin des années 1990, n’avaient impliqué aucune coopération avec les archéologues et résulté dans des destructions d’antiquités, créant de graves tensions entre Israël et les autorités islamiques.

L’IAA n’a fait que des annonces limitées dans le passé au sujet de ses activités sur le mont, ne faisant connaître que de brefs détails concernant les trouvailles réalisées dans le lieu. Mais la conférence de jeudi a permis une présentation très détaillée d’un travail qui a duré presque une décennie, des découvertes qui en ont résulté, et de leur signification.

Ce sont des travaux d’excavation pour l’installation d’une tranchée électrique en 2007 qui avaient donné aux archéologues l’opportunité de s’aventurer plus loin dans la surface du lieu saint disputé, depuis qu’Israël s’en est emparé lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Tout le travail avait été conduit sous escorte policière en raison de la sensibilité du site.

Même si le Waqf avait reçu l’autorisation de la part de la police israélienne et de la compagnie d’électricité de poser des câbles électriques, certains archéologues à l’époque avaient critiqué l’opération, disant qu’elle « n’était pas menée avec la supervision professionnelle et attentive des archéologues, impliquant une documentation méticuleuse ».

La présentation des trouvailles, jeudi, à l’issue de leur examen a été également l’occasion pour l’autorité des Antiquités de réfuter les critiques clamant que le mont du Temple est le théâtre d’une pagaille archéologique.

israel-fouilles-archeologiques2Tandis que le « Temple Mount Sifting Project » s’était intéressé à fouiller dans les remblais du lieu saint et dans la terre creusée durant la construction de la mosquée Marwani en 1990, ces récentes fouilles sont les premières issue d’une étude archéologique réalisée au sommet du mont du Temple depuis 1930.

Les trouvailles sur le mont du Temple lui-même comprennent une structure monumentale qui n’avait jamais été précédemment documentée qui daterait du 11e ou du 12e siècle – période précédant et comprenant les Croisades – jusqu’à des artefacts datant de la période romaine, et ce qui n’avait jamais été le cas sur le site, des découvertes datant d’aussi loin que l’époque du Premier temple.

“Ce n’est pas une fouille où vous allez vous rendre en vous contentant de creuser”, a expliqué Baruch, évoquant le travail sur le mont. « C’est plus une inspection, et dans ce cadre, des découvertes sont faites ».

Parmi les trouvailles les plus significatives, dénichées durant la pose des câbles électriques, à approximativement 100 mètres au sud-est du Dôme du Rocher, un ensemble de vestiges datant de la période du Premier Temple.

“Cette couche incluait des fragments de poterie caractéristiques du 8e et 7e siècles avant l’ère commune, ainsi que des os d’animaux et des noyaux d’olive carbonisés”, ont écrit Baruch, Ronny Reich and Deborah Sandhaus, les auteurs du document accompagnant les découvertes.

« Le datage au carbone 14 des olives ont permis de les faire remonter au 6e et 8e siècles avant l’ère commune. Cette date est confirmée par celle des poteries ».

Un autre segment de la même tranchée a permis la trouvaille d’une pièce romaine datant de l’époque de 383 années après JC. Les auteurs ont noté à cet égard que cette trouvaille pouvait être “la preuve rare de l’activité durant la période romaine dans la cour, entre la part élevée du mont du Temple et la mosquée Al-Aqsa.”

Des trouvailles supplémentaires réalisées lors du travail mené sur le mont du Temple par l’IAA doivent encore être publiées, selon Baruch, y compris le travail de conservation conduit aux Ecuries de Salomon, une chambre souterraine située sous la plate-forme du mont du Temple, qui a été entrepris l’année passée.

La publication “pointe le fait que, malgré toutes les déclarations et autres, nous sommes sur le mont du Temple, nous y travaillons, nous le surveillons, et nous accomplissons notre mission sous l’autorité de l’IAA,” a indiqué Baruch au Times of Israel en marge de la conférence.

Source : Times of Israel

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