Dans quelques décennies, l’humanité pourrait ne plus avoir d’enfants naturellement.

On ne dispose pas de chiffres historiques fiables sur la stérilité en France. Mais on sait que, au Canada, on comptait 5,4 % des couples qui déclaraient être infertiles en 1984. En 2012, ce taux a été estimé à entre 11,5 % et 15,7 %, ce qui représente une croissance spectaculaire de 100 à 200 % en vingt-huit ans.

Mis en ligne le 26 avril 2017 Imprimer Imprimer

Parmi les maladies qui montent, celle qui est la plus terrifiante est l’effondrement du nombre de spermatozoïdes chez les hommes – et la multiplication des couples infertiles.
Le nombre de spermatozoïdes chez les hommes a drastiquement chuté en cinquante ans. Un Français possède actuellement en moyenne 60 millions de spermatozoïdes par millilitre contre près de 90 millions/millilitre en 1973.
Les recherches du professeur Pierre Jouannet, chef du service de biologie de la reproduction à l’hôpital Cochin à Paris, ont évalué la baisse de la concentration spermatique à 2 % par an [1].

Cela peut sembler peut-être bénin. Mais il faut savoir que, bien qu’il suffise d’un seul spermatozoïde pour féconder un ovule, la semence masculine n’est cependant plus fertile en dessous de 5 millions de spermatozoïdes/ml. Si l’évolution continue à ce rythme, dans quelques décennies l’humanité ne pourra plus avoir d’enfants naturellement.

La fécondation in vitro, une solution de riches
« C’est pas grave, on pourra toujours faire des bébés éprouvette ou se cloner… » C’est une façon optimiste de voir les choses. En réalité, la fécondation in vitro est une affaire de riches.

Un cycle de FIV coûte en France 4 100 € [2], sachant que le taux d’échec est de 70 % à la première tentative (1er cycle) [3].
En moyenne, il faut compter 10 000 € par naissance effective, à comparer avec les 2,9 milliards d’êtres humains qui vivent avec moins de 2 dollars par jour. [4] (Ndlr. …et les 225 000 avortements annuels en France)
En cas de crise financière ou économique majeure, et de recul des systèmes de couverture maladie dans les pays « riches », la procréation médicalement assistée deviendrait un luxe que très peu pourraient se permettre.

Stérilité : + 200 % en vingt-huit ans
Selon l’Agence de la biomédecine [5], en 2014, 140 519 couples français ont eu recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP), sur 800 000 ayant eu un enfant.
Cela veut dire qu’un couple sur six cherchant à avoir un enfant s’aperçoit qu’il n’y parvient pas sans une assistance médicale.

À noter cependant que seuls 23 651 enfants sont nés en 2014 suite à une AMP. Cela indique un taux d’échec de 83 %, qui confirme que l’AMP n’est pas actuellement assez efficace pour remédier à elle seule au problème d’une humanité qui deviendrait stérile.

On ne dispose pas de chiffres historiques fiables sur la stérilité en France.
Mais on sait que, au Canada, on comptait 5,4 % des couples qui déclaraient être infertiles en 1984. En 2012, ce taux a été estimé à entre 11,5 % et 15,7 %, ce qui représente une croissance spectaculaire de 100 à 200 % en vingt-huit ans [6].

La fertilité des femmes comme des hommes diminue à cause de :

  • L’âge de conception des enfants, de plus en plus tardif : en 2010, 19 % des enfants sont nés d’une mère ayant plus de 35 ans, contre 12,5 % en 1995 [7] ;
  • L’augmentation du nombre de personnes en surpoids ou obèses, un facteur de stérilité chez les hommes comme chez les femmes ;
  • La hausse du stress et des conditions de vie précaires, qui ont un impact psychologique négatif sur le couple ;
  • L’usage de la contraception hormonale, qui ralentit la remise en route du système reproductif de la femme quand elle arrête la pilule après une longue période ;
  • La présence de perturbateurs endocriniens dans l’environnement ;
  • La présence de pesticides dans l’alimentation. Une étude publiée le mardi 31 mars 2015 dans la revue spécialisée Human Reproduction a montré que les hommes qui consomment le plus de fruits et de légumes chargés en pesticides ont 49 % de spermatozoïdes en moins que les autres. Ils ont également beaucoup plus de spermatozoïdes de forme anormale [8].

Méthodes de conception naturelle
Les fécondations in-vitro ne sont cependant pas la seule solution pour les couples qui peinent à avoir un enfant.
Les chances de parvenir à concevoir augmentent beaucoup par une simple information sur le cycle naturel de reproduction de la femme.

Ndlr. Pour aller plus loin : Méthodes naturelles de régulation des naissances : vivre autrement la sexualité

Dans les médias, les écoles, et même chez beaucoup de gynécologues, on ne parle pratiquement que de l’ovule et du spermatozoïde quand il s’agit de reproduction.
Pourtant, faire un enfant ne requiert pas d’être deux : il faut être trois.
Le troisième élément indispensable à la conception est la glaire cervicale, une substance secrétée par le col de l’utérus de la femme et qui permet de conduire les spermatozoïdes jusqu’à l’ovule.
L’ovule est en effet très loin dans le corps de la femme : il est dans les trompes de Fallope, au-dessus de l’utérus. Pour y parvenir, le spermatozoïde a besoin de pouvoir « nager » le long d’une « rivière » de glaire cervicale qui le conduise à bon port.
Là où le voyage est périlleux pour lui, c’est que la glaire cervicale n’est pas toujours praticable. L’essentiel du temps, la rivière est à sec, ou alors au contraire impossible à naviguer : la glaire cervicale en effet change d’aspect et se transforme en bouchon infranchissable : car son rôle est alors de garder l’entrée de l’utérus, et d’empêcher les intrusions (bactéries, champignons, virus et autres impuretés).

Ndlr. Pour aller plus loin : La méthode de l’ovulation Billings [Vidéo formation] – Voir vidéo ci-dessous.

Il n’y a qu’au moment précis où l’ovule est fécondable que la glaire devient liquide et filante : c’est alors que le spermatozoïde peut s’élancer, avec délice, en direction de l’ovule, dans une glaire aussi glissante que le toboggan de la rivière enchantée de l’Aqua-Boulevard qui, irrésistiblement, l’amènera à bon port.
La glaire compense aussi à ce moment-là l’acidité naturelle du vagin, qui serait autrement un environnement mortel en trente minutes pour les spermatozoïdes.

Ces phénomènes cruciaux liés à la glaire sont restés longtemps inconnus. On ne lui accordait aucune importance, autre qu’un effet de lubrification. Il n’a été observé et compris que dans les années 1960. L’ignorance continue d’ailleurs à régner sur cette question pourtant essentielle à la maîtrise de son corps et de sa fertilité.

Une meilleure connaissance de la glaire cervicale, du cycle féminin en général, et de la fabrication par l’homme également de ses gamètes (cellules reproductrices) peut pourtant aider les couples ayant des difficultés à concevoir, à avoir des enfants sans passer par les méthodes coûteuses, contraignantes et peu poétiques de procréation médicalement assistée, à partir du moment, bien sûr, où il n’existe pas de problème médical majeur chez l’homme ni chez la femme.

Les couples doivent comprendre qu’il existe des périodes bien précises et déterminées au cours desquelles les chances de concevoir un enfant sont beaucoup plus élevées.
Ils doivent s’initier à l’importance de la glaire cervicale. Il existe des méthodes fiables qui permettent, grâce à l’observation de cette glaire, de connaître son jour d’ovulation.
Il faut savoir aussi que la quantité et la qualité de la semence masculine est importante. Il est important pour l’homme de se préparer à avoir un enfant, presque autant que pour la femme. Surtout, arrêter de compter sur le hasard pour « bien faire les choses ».

Des méthodes peu connues des gynécologues eux-mêmes !
Ces informations sur les méthodes naturelles contre les problèmes d’infertilité sont peu connues même de votre médecin et de votre gynécologue.
L’enseignement des méthodes de fertilité naturelle des naissances ne fait pas partie du programme des facultés de médecine, pas même en spécialité gynécologie. Cela explique que la plupart des médecins et gynécologues en activité ne les connaissent pas et orientent directement les couples ayant des problèmes de fertilité vers la procréation médicalement assistée.

Sources :
[1] http://www.topsante.com/medecine/gyneco/infertilite/prevenir/le-sperme-en-danger-11513
[2] http://www.fiv.fr/cout-fiv/
[3] http://www.passionsante.be/index.cfm?fuseaction=art&art_id=20626
[4] http://www.journaldunet.com/economie/magazine/population-mondiale/pauvrete-dans-le-monde.shtml [5] Rapport annuel sur le dispositif de vigilance relatif à l’assistance médicale à la procréation http://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/2016_ra_amp_vigilance.pdf et Le rapport médical et scientifique de l’assistance médicale à la procréation et de la génétique humaines en France http://www.agence-biomedecine.fr/annexes/bilan2014/donnees/procreation/01-amp/synthese.htm
[6] Hum Reprod. 2012 Mar; 27(3): 738–746. Estimating the prevalence of infertility in Canada Tracey Bushnik, et al. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3279129/ et voir aussi : http://www.ledevoir.com/societe/sante/343090/l-infertilite-a-double-en-20-ans
[7] http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/enquete-perinatale-2010-des-grossesses-toujours-mieux-suivies
[8] https://www.sciencesetavenir.fr/sante/baisse-de-la-qualite-du-sperme-la-faute-aux-pesticides_28784

Source : La Lettre de Santé Nature Innovation du 09/04/17
Les Ndlr sont de la rédaction du site « Évangéliques du Bas-Rhin »

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