Connaitre le génome de chacun : un pas de plus vers le transhumanisme ?

Les objectifs semblent louables. Mais quel est donc ce capital humain qui serait, demain, mieux soigné ? Et qui nous expliquera ce qu’il en sera de cette révolution dans laquelle s’engage cette France génomique ?

Mis en ligne le 15 janvier 2017 Imprimer Imprimer

Marisol Touraine a révélé le 28 décembre la création prochaine de deux centres d’analyse du génome humain, faisant suite à son annonce estivale d’un plan national visant à développer la médecine personnalisée (cf. Marisol Touraine : « Nous avons besoin de connaitre le génome de chaque individu »). Ces deux plateformes de séquençage à très haut débit du génome humain « devront être en mesure d’analyser l’ADN de 18 000 personnes chaque année, et d’effectuer l’interprétation des données obtenues ». Le plan « France génomique 2025 » prévoit la mise en place de douze plateformes de ce type d’ici 2021 : au total, « cela ne fera jamais que 216 000 génomes analysés chaque année, soit un peu plus de la moitié du nombre annuel de nouveaux cas de cancer en France ». Le « souhait du ‘tout génétique’ de la Ministre de la Santé n’est donc pas pour demain », lit-on dans le Figaro.

Le ministère de la Santé a lancé un appel à projet à l’attention des équipes hospitalières et des industriels, qui devront présenter « une organisation pilote permettant le séquençage à très haut débit d’un grand nombre de patients ». Les vainqueurs seront désignés d’ici juin 2017.

L’objectif  affiché est d’évaluer les risques de développer certaines maladies, d’adapter les traitements en fonction des gènes du patient et d’anticiper les réactions de celui-ci aux médicaments administrés, mais encore d’améliorer le diagnostic des quelques 7000 maladies rares recensées à ce jour, et d’éviter l’errance diagnostique de patients. Pour cela, « Nous avons besoin de connaitre aujourd’hui le génome de chacun » martèle le ministre de la Santé.

Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, s’interroge : « Qui donc est ce ‘nous’ dont use la ministre ? Quel est donc ce capital humain qui serait, demain, mieux soigné ? Et qui nous expliquera ce qu’il en sera de cette révolution dans laquelle s’engage cette France génomique ? En quoi nous rapproche-t-elle, ou pas du transhumanisme ? » (cf. Plan France génomique : création d’un premier centre de séquençage et inquiétudes éthiques).

Source : Généthique
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