« Complotisme », « Black Block », « OK Boomer »… Des mots qui ont marqué les débats de l’année 2020

Les nouveautés linguistiques apparues en 2020 témoignent en creux du bouleversement du réel qui a eu lieu, analyse Élodie Mielczareck, ainsi que d’une prégnance des anglicismes qui montre comment les débats et les polémiques ont eux-mêmes tendances à se mondialiser.

Mis en ligne le 5 janvier 2021 Imprimer Imprimer

Il n’est jamais évident, même pour un linguiste, de classer et d’organiser les mots qui ont marqué une année. Comme toute analyse, celle-ci porte sa part de subjectivité, pardonnable tant qu’on en partage la méthodologie. Ici, la pertinence sémantique est soit basée sur un critère de nouveauté, soit sur un critère de récurrence. Concernant la nouveauté, on peut parler de néologismes. À l’inverse, certains mots sont déjà existants mais retrouvent une certaine vitalité due à un contexte particulier.

Autre point notable : les anglicismes, souvent repris sans traduction. Tous ces mots, français et anglais, marquent les tendances langagières et imaginales de l’année 2020. Les sources principalement utilisées sont celles du Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey et le CNRTL. Les autres sont mentionnées.

Les néologismes

Mots ou expressions ayant trait à la catégorisation de certaines parties de la population

Je suis Samuel Paty : Suite au drame du 16 octobre 2020, le nom propre de l’enseignant est devenu le symbole de la Liberté d’expression et d’une certaine forme de résistance contre un extrémisme islamiste religieux. La référence aux attentats de Charlie est patente. Et le fait que l’expression «je suis Samuel Paty» ne soit pas partagée unanimement par tous les français pourrait être l’une des racines du problème. À noter que les termes «terrorisme» et «décapitation» sont également grandement présents et employés.

Les covidés : Personnes ayant contractés le virus. On parle également d’ «orteils covidés» pour évoquer l’inflammation au niveau des orteils de certains malades. Un symptôme qui a pu durer jusque 130 jours chez certains patients.

OK boomer : Expression qui veut dire « cause toujours, baby-boomer »

Les rassuristes : Un terme repris par les médias pour qualifier ceux qui dénoncent la gestion de la crise par le gouvernement, les contraintes liberticides et les discours médiatiques trop alarmistes. Ce nouveau terme désigne surtout les scientifiques, ou autres sachants, nageant à contre-courant. Souvent cités comme étant « rassuristes »: Didier Raoult, Christian Perronne, Jean-François Toussaint, Laurent Toubiana, Laurent Muc-chielli et d’autres.

OK boomer : Expression qui veut dire «cause toujours, baby-boomer». Symptôme d’une jeunesse – désormais dénommée «Génération Covid» – et qui, …

Lire la suite

Source : Figaro Vox


Partagez cette page
Facebooktwittergoogle_plusmail