Ces expressions qui ont une origine biblique (7)

Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne peut-être pas qu’elles puissent avoir une origine biblique.

Mis en ligne le 27 janvier 2020 Imprimer Imprimer

Rendre à César ce qui est à César

Cette expression, qui signifie qu’il faut rendre le mérite d’un acte à son auteur, se retrouve dans chacun des trois Évangiles synoptiques (Mt 22, 21 ; Mc 12, 17 ; Lc 20, 25). Ce sont les paroles mêmes de Jésus, en réponse à une question des pharisiens venus lui demander s’il est légitime de payer l’impôt à César :

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. »
Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? — De César », répondent-ils.
Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet. (Mc 12,14-17)

Aujourd’hui, on n’emploie souvent que la première partie de l’expression originelle, pourtant « l’une des phrases les plus célèbres de tout l’Évangile » pour le pape François, ce qui supprime sa dimension spirituelle.

Jeter la première pierre

Jeter la première pierre à quelqu’un, c’est être le premier à le condamner, le critiquer. Si cette expression est à prendre au sens figuré dans notre société occidentale, ce n’est malheureusement pas le cas partout dans le monde. La lapidation reste en effet légale dans un certain nombre de pays même si elle est de moins en moins appliquée.

À l’époque de Jésus, c’est la peine qui punit l’adultère, considéré comme un péché très grave (Lv 20, 10 et Dt 22, 24), et c’est d’un épisode dramatique rapporté uniquement dans l’évangile de saint Jean que nous vient l’expression. Alors que Jésus est en train d’enseigner aux foules, les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en plein délit d’adultère et lui demandent son avis quant à la conduite à tenir : or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? (Jn 8, 5) Jésus ne répond pas tout de suite, il se baisse et écrit sur la terre avec le doigt. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » (Jn 8, 7)

Ce passage des Écritures est bien connu et représente un modèle de répartie et de subtilité. Sous une fausse attitude de respect, l’objectif des pharisiens est, une fois de plus, de tenter de mettre Jésus en difficulté : soit il respecte son enseignement du pardon et désobéit à la loi de Moïse, se condamnant lui-même, soit il applique strictement la loi et condamne la femme. Une femme qui n’est finalement qu’un instrument entre les mains des pharisiens, ces spécialistes de la morale vivant dans la stricte observance de la Loi écrite sont prêts à la sacrifier en l’utilisant contre Jésus.

Source : Aleteia

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