Ces expressions qui ont une origine biblique (6)

Découvrez ces expressions que nous utilisons depuis notre plus jeune âge. Certaines ont tellement imprégné notre culture qu’on ne soupçonne peut-être pas qu’elles puissent avoir une origine biblique.

Mis en ligne le 21 mars 2019 Imprimer Imprimer

Défendre la veuve et l’orphelin

« Le métier du chevalier est de défendre les veuves, les orphelins et les impotents… » Cet extrait du Livre de l’ordre de chevalerie, œuvre du bienheureux Raymond Lulle (1235-1315), évoque quelques-unes des qualités du preux chevalier, héros et guerrier dont les exploits nourrissent encore notre imagination, tel Godefroy de Bouillon, Richard Cœur de Lion ou Pierre Terrail de Bayard, « sans peur et sans reproche ».

L’expression défendre la veuve et l’orphelin est cependant bien plus ancienne que le Moyen Âge. Depuis toujours, le duo veuve-orphelin symbolise de façon expressive la pauvreté et la grande fragilité de ceux qui se retrouvent sans mari, sans parents, soutiens humains indispensables pour survivre à des époques où les femmes ne pouvaient recevoir de salaire et où les enfants sans famille étaient livrés à la rue.

S’il est peu présent dans le Nouveau Testament, on le retrouve près d’une quarantaine de fois dans l’Ancien Testament, où les exhortations à prendre soin des plus démunis sont nombreuses :

« Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. » (Ex 22, 21)

Il existait à l’époque un certain nombre de lois sociales destinées à garantir la protection des plus pauvres. Les Hébreux avaient prévu un moyen de protéger la veuve sans enfant par le remariage avec un frère du mari défunt pour lui donner une descendance. C’est la loi du lévirat définie dans le Livre du Deutéronome (Dt 25, 5). Il était également prévu qu’une partie de la dîme soit prélevée pour venir en aide aux plus démunis (Dt 14, 28-29).

Malgré ces précautions, les veuves et les orphelins faisant partie des catégories les plus faibles de la société,  ils pouvaient difficilement se défendre et faire valoir les droits qui leur étaient assurés par la Loi. C’est par exemple le cas dans la parabole de la veuve et du juge, personnage sans scrupules qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes (Lc 18 :2).  Le juge commence par ignorer la veuve ou la traiter avec mépris et s’il finit par répondre à sa demande, ce n’est pas par miséricorde, ni parce que sa conscience le lui impose ; il admet simplement : « Comme cette veuve m’importune, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me rompre la tête ».

Des recommandations toujours d’actualité

Si la tradition a gardé le duo veuve-orphelin, elle n’a pas conservé la troisième catégorie de personnes qui leur est très souvent associée dans les Écritures : l’étranger. Accueillir et protéger l’étranger est ainsi pour les Hébreux une question d’identité, une leçon de leur histoire, eux aussi ayant été étrangers dans un autre pays.

C’est lui [le Seigneur votre Dieu] qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’immigré, et qui lui donne nourriture et vêtement.

Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés.(Dt 10, 18-19)

Et aujourd’hui, en 2019, on ne peut s’empêcher de remarquer à quel point ces recommandations évoquent furieusement l’actualité !

Très souvent nous regardons le journal télévisé, les tragédies… les enfants qui n’ont pas à manger, les enfants-soldats, les femmes réduites en esclavage ! Pauvres gens…. Mais ensuite, je tourne la page et je passe au roman, au feuilleton télévisé qui vient après. Et cela n’est pas chrétien. D’où l’invitation à un examen de conscience : « Suis-je capable d’avoir de la compassion ? De prier ? Et si nous nous rendons compte de cela, nous devons demander la grâce : Seigneur, donne-moi la grâce de la compassion ! »

Source : Aleteia

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