Bioéthique, comment les religions se mobilisent

Alors que les Etats généraux de la bioéthique ont été ouverts le 18 janvier, toutes les religions veulent faire entendre leurs voix dans les débats. Au niveau institutionnel, différentes déclarations devraient être publiées dans les prochains mois.
Les Églises catholique et protestante mobilisent aussi leurs fidèles sur le terrain, et mettent l’accent sur la formation.

Mis en ligne le 25 janvier 2018 Imprimer Imprimer

En septembre, alors qu’il célébrait les 500 ans de la Réforme à l’hôtel de ville de Paris avec les protestants de France, Emmanuel Macron avait voulu rassurer les religions sur la place qu’il leur réservait dans les débats de bioéthique : « La manière que j’aurai d’aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous et qu’une loi pourrait trancher ou fermer un débat qui n’est pas mûr. » Depuis le 18 janvier, les États généraux de la bioéthique sont désormais ouverts. Et les différents cultes de France entendent précisément prendre toute leur part aux débats qui s’annoncent.

L’Église catholique s’organise en ce sens, sous la houlette de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail sur la bioéthique de la Conférence des évêques de France (CEF). Le 20 janvier, à son invitation, des laïcs missionnés par une cinquantaine de diocèses – tous avaient été invités – ont participé à un séminaire au Collège des Bernardins, à Paris, pour poser les bases de la réflexion. Outre Mgr d’Ornellas sont intervenus la théologienne Anne-Marie Pelletier, la psychiatre Marie Balmary, le jésuite Bruno Saintôt et la juriste Aude Mirkovic. « Il s’agissait de recevoir l’éclairage d’experts, notamment pour ceux d’entre nous qui sont néophytes, et de montrer où sont les besoins de formation, relate un délégué d’un diocèse bourguignon. L’enjeu était aussi de réfléchir à comment communiquer sur ces sujets, au sein de l’Église, avec les non-catholiques, mais aussi avec les médias ou les instances politiques. » Pour ce laïc, une formation solide est indispensable. « Souvent, on ne connaît pas assez la dimension technique, on n’écoute pas assez les personnes qui ont recours à ces pratiques, et il est difficile de se forger une opinion et donc de la porter dans un débat. »

(…) La bioéthique devrait également faire l’objet de discussions lors de la prochaine assemblée des évêques de France à Lourdes, au mois de mars. Et le groupe de travail devrait exprimer la position de l’Église dans un texte, prévu pour le troisième trimestre 2018, entre la clôture des états généraux et la présentation du projet de loi du gouvernement.

Dans la galaxie du protestantisme français, l’heure de la mobilisation a également sonné. Particulièrement engagés sur les questions sociétales, les évangéliques se préparent depuis plusieurs mois. Thierry Le Gall, directeur du service pastoral du Conseil national des évangéliques de France (Cnef) auprès des parlementaires a ainsi multiplié les prises de contact avec ces derniers. « Beaucoup reconnaissent ne pas encore avoir eu le temps d’approfondir les sujets bioéthiques, indique-t-il. Mais ils sont aussi conscients du défi que représente leur mission de légiférer sur ces enjeux fondamentaux. »

Le Cnef prévoit par ailleurs de déployer un plan de formation pour les cadres des différentes églises protestantes évangéliques, avec des réunions publiques en région. Des prises de position du Cnef sont à attendre, que des associations sur le terrain, engagées de longue date, se tiennent prêtes à relayer. Le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH) a déjà préparé des « fiches repères » sur le don d’organe, la PMA et autres sujets éthiques. « Il ne faut pas que les Etats généraux de la bioéthique tournent au débat d’initiés », souhaite Franck Meyer, président de ce comité.

La commission éthique de la Fédération protestante de France (FPF) devrait publier un texte dès le mois de mars. Le président de la principale instance représentative du protestantisme français, François Clavairoly, salue le « souci de pédagogie » de la démarche des Etats généraux et affirme « qu’aucun sujet n’est à éviterIl nous faut participer à cette conversation démocratique »

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Source : La Croix
Illustrations de la rédaction Évangélique du Bas-Rhin

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